Parmi les derniers candidats socialistes à s'être présentés à la présidentielle en passant par la primaire de la gauche, Manuel #Valls et Vincent #Peillon. Le premier s'est décidé à se déclarer le 5 décembre 2016, et le second le 11 décembre. Le problème, pour ces challengers inattendus, est que le premier tour de la primaire se tient le 22 janvier, et qu'ils n'avaient jusque là aucune once de proposition à revendre. Résultat pour eux, il a fallu bricoler pour rattraper le retard : ils piochent un peu chez #Benoît Hamon et un peu chez Arnaud Montebourg, les deux adversaires les plus importants qui, eux, se sont lancés dans la campagne depuis des mois.

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Il ne faut donc pas s'étonner si l'on trouve des similitudes entre le programme de Valls et celui de Hamon, entre le programme de Peillon et celui de Montebourg. Mais seule la copie originale doit être récompensée. D'autre part, peut-être par désir de faire le buzz, ils ont tous deux évoqué des propositions qui semblent assez contradictoires au vu de leur action au gouvernement. Regardons cela de plus près.

Les similitudes

Commençons par Vincent Peillon. Il est, tout comme Benoît Hamon, ancien ministre de l'Education nationale. De ce fait, dira-t-on, il est normal qu'il porte les mêmes propositions que ce dernier au sujet de l'éducation. Par exemple, l'arrivée de renforts chez les enseignants : Vincent Peillon veut créer 8000 postes supplémentaires d'enseignants, ainsi que 4000 postes d'ingénieurs et chercheurs.

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C'est bien, le souhait de relancer la machine éducative est là, mais sans doute pas suffisant. Benoît Hamon, lui, propose de créer 40 000 postes d'enseignants répartis dans différentes fonctions. Mais la proposition la moins originale de Peillon est sans doute celle d'octroyer le droit de vote des étrangers aux élections locales... Cela fait des mois et des mois que Benoît Hamon en parle ! Quel dommage pour quelqu'un qui dit obéir à sa simple inventivité en la matière.

Mais il faut également être sans pitié avec Manuel Valls. Ce dernier, qui fut pendant près de 5 ans le fidèle des décisions de l'Union Européenne, souhaite comme par hasard, lui aussi, tout comme Hamon et Montebourg, refonder l'Europe à partir de nouvelles bases, autrement dit la réformer. En effet, il dit vouloir une "conférence de refondation de l'Europe" contre la mondialisation. Autre chose : il dit vouloir augmenter le pouvoir d'achat des Français et créer un revenu de base pour tous. Tiens donc ! N'est-ce pas ce que propose aussi Benoît Hamon, qui veut revaloriser le SMIC et les minimas sociaux à hauteur de 10%, et qui souhaite également mettre en place un revenu universel d'existence ? Etrange, étrange.

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Manuel Valls veut créer un service civique obligatoire de 6 mois pour les jeunes. Oh ! Nous allons décidément de surprise en surprise ! Mais oui, c'est ce dont parle Arnaud Montebourg depuis des mois.

Les contradictions

En parlant de contradictions, cette fameuse conférence de refondation de l'Europe face à la mondialisation portée par Valls, eh bien, quelle bonne idée après avoir accepté et soutenu la signature du traité de libre-échange de l'UE avec le Canada (CETA). Cela semble tout à fait logique et cohérent, finalement. Car la mondialisation, qu'est-ce d'autre que l'extension des pratiques capitalistes à l'ensemble du monde ? Donc Manuel Valls veut opposer l'UE à la mondialisation alors qu'il a lui-même participé, dans le cadre des traités européens, à la ratification du CETA. Logique. La contradiction la plus flagrante de Manuel Valls avec lui-même est sans doute celle de supprimer le 49.3. Oui, c'est précisément celui qui en a fait usage 6 fois qui promet sa suppression s'il est élu Président de la République. On y croit. D'ailleurs, c'est le même qui dit vouloir créer un renouveau démocratique. Ce qu'il y a à retenir de tout cela, c'est que l'on ne peut pas se présenter comme candidat crédible à la primaire de la gauche en sortant un programme bâclé 20 jours seulement avant le premier tour.