La primaire de la gauche est l'une des occasions de parler du bilan de #Macron au gouvernement. Malheureusement, il n'est pas là pour s'en défendre. Triste réalité : il a d'abord été connu en tant que ministre, et en ce sens il doit tout à la famille socialiste, mais il se présente désormais comme le candidat dépassant le clivage gauche-droite. Dire cela, c'est oublier qu'il a appartenu pendant quelques années à un gouvernement dit de gauche. D'ailleurs, on a cru à un renouveau d'objectivité de la part de BFM TV, qui a incroyablement daigné accorder 40 minutes d'interview à Benoît Hamon, et puis est revenue la propagande usuelle en faveur de Macron. Entre autres, la 15 a diffusé samedi un reportage faisant la part mauvaise à la primaire de la gauche, et montrant qu'elle n'intéressait personne en la comparant à celle de la droite. En effet, des individus interrogés au hasard dans la rue ne pouvaient ni donner le nombre de candidats, ni donner leur nom. Ou peut-être que le montage a supprimé les personnes qui avaient leur mot à dire à ce sujet, et sciemment mis en exergue les personnes ignorant tout de la primaire de la gauche.

Le bilan de Macron

Il va donc nous falloir nous-mêmes rappeler l'action de Macron au gouvernement, puisque aucun média n'est assez critique à son encontre à ce sujet. D'abord la loi Macron, que son collègue Manuel Valls a permis de faire passer en force au Parlement par l'usage du 49.3. C'est la fabuleuse avancée du travail le dimanche... avancée certes pour les gérants des grandes enseignes parisiennes, mais sans doute pas pour les salariés ! Alors oui, après chacun peut à sa guise décider de venir ou non travailler le dimanche, mais rappelons qu'en France un employé ne peut pas vivre dignement tant qu'il ne fait pas d'heures supplémentaires, de l'aveu même de Valls. Avant, le travail engloutissait l'employé jusqu'au cou, cette fois-ci il reste complètement sous l'eau, ne disposant même plus d'un moment de loisir en famille le dimanche.

La libéralisation du marché des autocars également ! Quelle belle avancée. En tout cas, si c'en est une, ce n'est pas une avancée écologique. Le billet de train est certes onéreux, mais au moins il permet une empreinte carbone moins lourde. Dorénavant, des bus seront affrétés pour effectuer les mêmes trajets que les trains, et compenser, finalement, la pollution que jusqu'alors les trains ne fournissaient pas. Donc les cars Macron, bonne idée pour continuer la libéralisation des transports, sans doute, mais mauvaise idée d'un point de vue écologique.

De quoi le socialisme a-t-il donc accouché ?

Macron doit tout aux socialistes : sa place au gouvernement, sa nouvelle renommée, les pots de vin qu'il a pu verser aux grands patrons. Cependant, il leur met maintenant un coup de couteau dans le dos en compliquant davantage la tâche pour eux de rassembler en vue des présidentielles. La guerre des ego a commencé. De toute manière, les électeurs socialistes ne veulent sans doute pas d'un corrompu libéral sur leurs bulletins de vote à la primaire. Ce qui explique son choix de ne pas passer par elle : il aurait perdu en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Enfin bref, patience, le 23 avril décidera de son sort, en lui donnant certainement une bonne leçon d'humilité.