Que signifie être socialiste ? Telle est la question. En tout cas, en fonction du curseur où l'on se situe au sein de ce parti, on se revendique de toute façon comme étant de la vraie gauche, comme étant socialiste. Par exemple, après un débat tendu contre les frondeurs à l'Assemblée nationale, Manuel Valls avait un jour déclaré à des journalistes : " La vraie gauche, c'est nous !" Peut-être, mais dans ce cas, pourquoi ne pas soutenir le candidat du Parti socialiste, et aller jusqu'à soutenir son concurrent à la présidentielle qui admet lui-même n'être ni de gauche, ni de droite ? Ainsi, le ministre de la Défense a dû justifier son ralliement à #Emmanuel Macron le 24 mars.

Publicité
Publicité

Baisse de l'ISF et recul du service public

Peu s'accordent à dire que la baisse de l'ISF et que la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires est une mesure de gauche. En effet, peu importe la définition que l'on se fasse de la gauche, peu importe la définition que l'on se fasse du socialisme, ces deux mouvements ont toujours soutenu l'augmentation du nombre de fonctionnaires, la juste imposition sur la tranche la plus riche de la société, l'élargissement de la sphère publique et les nationalisations. Or, Emmanuel Macron propose le contraire, ce qui rend difficilement justifiable le revirement de Jean-Yves Le Drian vers son camp. En effet, ce dernier souhaite conserver la précarité du travailleur ainsi que sa baisse de salaire consacrées par la loi travail, il souhaite supprimer 120 000 postes de fonctionnaires, réduire drastiquement l'ISF et même créer un service militaire obligatoire.

Publicité

Selon le ministre de la Défense, Emmanuel Macron " propose des actions réalistes et financées " pour la France. De quoi tacler un peu plus le candidat qui représente son parti à la présidentielle. Mais, pour autant, " Je soutiens Emmanuel Macron mais je reste socialiste, je ne suis pas membre d'En Marche !" affirme-t-il. Cher monsieur Le Drian, ne pas être membre d'En Marche ! ne fait pas nécessairement de vous un socialiste, sachez-le. Car qui peut s'asseoir ainsi sur le résultat de la primaire de la gauche ainsi que sur les valeurs qui ont de tout temps été défendues par la gauche ? Certainement pas un socialiste ; les socialistes, eux, sont attachés à la démocratie, ou du moins à ce qu'ils nomment la sociale-démocratie.

Le Drian condamne son propre camp

Non content de se limiter à des déclarations d'amour envers Emmanuel Macron, le ministre de la Défense est allé jusqu'à critiquer le projet présidentiel du candidat du #PS élu par la primaire de la gauche. Selon lui, il a raison contre tous les autres, et la ligne devenue officielle du parti a tort : " Sans doute faudra-t-il que le PS se remette en cause, et je souhaite y travailler, " déclarait-il humblement. En effet, il craint que le projet de Benoît Hamon ne soit utopique et trop coûteux. Pas étonnant de la part d'un prétendu socialiste anti-écologie, qui n'a cessé de rejeter les alliances avec ELLV dans sa carrière politique.