Jean-Christophe Lagarde, président de l'#UDI, annonce que sa formation se met en congé de la campagne de #François Fillon, qui devient de fait, jusqu'à nouvel ordre, celle de la seule droite (républicaine ou régalienne, comme on voudra). L'UMP qui rassemblait RPR et centristes n'a pas tenu, François Bayrou a rejoint Emmanuel Macron, et voici donc le centre-droit au milieu du gué, laissant le navire Fillon tenter de prendre le large, de ne pas capoter en cabotant trop près des récifs et de plages d'échouage. Selon Le Canard enchaîné, Jean-Christophe Lagarde aurait déclaré : "la moitié de nos électeurs est passée chez Macron, et je crois que l'autre moitié est déjà… en marche".

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Ce matin, à peine descendu de son podium pour aller déjeuner puis se rendre au salon de l'Agriculture, François Fillon a encaissé la défection de Bruno Le Maire, qui se met, lui, définitivement, en congés sabbatiques. Les centristes de l'UDI seront, eux, réunis dans leurs fédérations départementales pour débattre. En tout début de semaine prochaine, leurs instances nationales tireront les conclusions. Tirer un trait sur le Penelopegate, depuis une tribune, c'est aisé. Sur le terrain, c'est tout autre. Les militants régaliens ne se risquent plus qu'à venir acclamer François Fillon s'il vient à leur rencontre, mais se préservent d'affronter l'électorat non-identifié pro-Fillon.

Défections chez LR

Mais chez ce qu'il reste de républicains chez LR, voici deux nouveaux dissidents. Une maire bourguignonne, Marie-Claude Jarrot, et le sénateur Jean-Pierre Grand ont envoyé au Conseil constitutionnel un parrainage pour… Alain Juppé.

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Donc, outre les soutiens de Bruno Le Maire (le député-maire de Reims, Arnaud Robinet, ou Laure de La Raudière), pour certains, le passage de Les Républicains à Les Régaliens est devenu inenvisageable. Chez les centristes qui n'ont pas déjà rallié Emmanuel Macron, on attend une prise de position du président fondateur de l'UDI, Jean-Louis Borloo. Il faut comprendre que si Fillon avait réservé 68 circonscriptions "gagnables" (sans investiture d'un candidat LR en concurrence), le site de l'UDI liste 311 candidates et candidats dans autant de circonscriptions. Qui risquent de voir des adversaires investis par le Modem de François Bayrou, d'ex-UDI, auxquels En Marche ! n'opposera pas d'autres personnalités. Et puis, il y a, qu'elle ou ils obtiennent ou non leurs parrainages, Dupont-Aignan, Guaino et Alliot-Marie. Qui vont soit grappiller des suffrages, soit savonner la dure et lente pente que doit gravir un François Fillon à la fois alourdi par ses derniers propos et délesté du ballast de certains de ses ex-soutiens.

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Il passe désormais pour un candidat plus soucieux de reculer une échéance personnelle que de permettre à sa formation, à présent isolée, d'en affronter deux autres (présidentielle, législatives) dans les meilleures conditions. François Fillon se maintient donc coûte que coûte, mais pour qui ? Qu'en coûtera-t-il à celles et ceux qui s'accrocheront jusqu'au bout à sa suite ? Pour Valérie Pécresse, présidente de la région IDF, aucune inquiétude. Pour Nathalie Kociusko-Morizet, qui devait hériter de la circonscription parisienne d'un François Fillon devenu président, c'est beaucoup plus délicat. L'obstination de François Fillon contrecarre nombre d'ambitions. Seules de réelles implantations locales (cas de François Copé à Meaux), d'Estrosi, semblent en mesure de ne pas souffrir d'une recomposition certes dissimulée mais semblant à présent inéluctable. Le Penelopegate soudera peut-être la famille Fillon, mais il a créé de profondes fractures. Et chez LR, en partie, comme à l'UDI, un "assassinat politique" n'a rien d'attrayant. L'équipage continue de déserter ou choisit de rester hors des regards, à fond de cale.