Quoi qu'il advienne, #François Fillon n'éprouvera aucun mal lorsqu'il s'agira d'aligner nombre de noms pour étoffer sa nouvelle équipe de campagne. À l'issue de la primaire, devenue rétrospectivement celle de la seule droite, il en avait couché des dizaines sur tout un bloc de feuilles de papier. Dès les premiers jours, des titulaires ont compris qu'ils ne feraient que de la figuration, en silhouettes (figurant statique ou non, ne s'exprimant pas ou que peu). Il en sera de nouveau de même. Mais il devra mieux tenir compte de qui lui aura été imposé… Cependant, cette fois, les ombres n'auront d'autre porte de sortie, au moins jusqu'au soir du premier tour, qu'une discrétion absolue.

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Car elles ou ils auront été vraiment sondés et devront répondre à la question de confiance : "si François est mis en examen au soir du 15 mars, que feras-tu ?". Il va de soi que parmi les plus de 300 élus ou responsables s'étant clairement exprimés pour le retrait de François Fillon, vraiment très peu (un seul s'est ravisé publiquement) accepteront un sous-rôle imparti. Il y a eu celles et ceux qui se sont tus, les cauteleux s'étant exprimés sans fâcher, le plus souvent très évasivement, et cela forme encore un vaste réservoir. Mais plus question pour Georges Fenech et d'autres de faire campagne, si ce n'est pour eux-mêmes. La sénatrice Fabienne Keller a même espéré de pouvoir trouver encore "un candidat ou une candidate" et que "François Fillon ne s'obstine pas". C'était après la renonciation d'Alain Juppé et elle a avancé le nom de Valérie Pécresse.

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On la voit très mal soutenir un candidat à l'Assemblée se claironnant partisan de François Fillon. Pour elle, à présent, avec Fillon, les chances de l'emporter "sont nulles".

L'UDI émiettée

Côté #UDI, Jean-Christophe Lagarde a fermement réagi. François Fillon "ne parvient à rassembler que les fillonistes" [de LR], a-t-il confié à RTL, hier soir. En est-il à l'UDI ? Parmi le noyau dur des centristes alliés à LR, personne ne doute que l'UDI ne prendra pas le risque de revenir en arrière, dans le giron filloniste. Mais J.-C. Lagarde n'a pas exclu que quelques dirigeants "aillent à Canossa derrière François Fillon, une partie chez Emmanuel Macron". Pour une large majorité, "cette campagne présidentielle perdue n'a plus d'intérêt". Car François Fillon "ne peut plus parler aux Français". L'étape présidentielle sera sautée, cap direct sur les législatives. Les centristes n'ont pas eu la cruauté de mettre en doute les 300 000 participants au Trocadéro annoncés par Bruno Retailleau, de pointer que les photos de certains sites fillonistes remontent à 2012, en mai, au printemps faisant se déployer les feuilles au bout des branches.

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Soit au rassemblement, sur la même place, de la campagne de Nicolas Sarkozy. Michel Piron, député de Saumur Sud, résume la situation pour sa formation : il verra ce soir "quelle sera la position de l'UDI, s'il y en a une et pas plusieurs". Mais hors de question d'en revenir à Fillon. Sur le site Le Centrisme, le titre est "L'Honneur perdu de monsieur Fromantin" (maire UDI, car dissident UMP, de Neuilly-sur-Seine, l'un des rares ralliés à Fillon). François Fillon doit trouver des soutiens vraiment déterminés mais ayant aussi l'esprit d'équipe. Or, beaucoup de juppéistes considèrent que Nicolas Sarkozy, en laissant François Baroin aller au Trocadéro, a torpillé la candidature de leur candidat. Lundi soir, sur BFM, Nadine Morano demandait à des élus de parrainer Baroin au cas où Fillon soit mis en examen. Puis, un nouveau phénomène est apparu : des fillonistes purs et durs, qui exigent des purges, des coupes plus claires (fortes) que sombres. Silence dans les rangs, chahut dans les chambrées… Avec le risque qu'un durcissement décourage les uns, un assouplissement en porte d'autres vers Marine Le Pen. Pour Le Soir (.be), c'est "La France plus fracturée que jamais", avec "des populations entraînées par le ressentiment". Pourtant, en Belgique, les fractures, on connaît.