Consultant posément la déclaration de #François Fillon de ce 1er mars, reprise intégralement sur le site Fillon2017, difficile de ne pas songer à Danton… Mais aussi à Marat, de L'Ami du Peuple… Avec des nuances : Marat n'arguait pas encore (Charlotte Corday ne lui en peut-être pas laissé le temps) que "près du tiers des parlementaires" confiaient des travaux à leurs proches et les rétribuaient grassement. Pour l'ensemble des parlementaires, on ne sait trop, mais pour l'Assemblée nationale, 103 sur 572 députés emploient des proches en tant qu'assistants parlementaires, soit le sixième (et non le tiers), et ces proches ne sont pas forcément des enfants, des épouses, et les montants sont différents.

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L'AN a fait cette mise au point, le Sénat tarde à la faire. Mais sur le fond, la pensée de François Fillon remémore septembre 1792, quand Danton, Marat, Robespierre et le duc d'Orléans indiquaient, à ceux demandant la grâce ou des aménagements de peine pour des suspects, que "seul le peuple" était souverain, que des femmes, échevelées, couraient les rues en criant "on leur foutra l'âme à l'envers dans leurs prisons".

Bruno Le Maire se retire

De tous les candidats à la primaire de la droite, de tous les ténors du parti LR devenu Les Régaliens, seul #Bruno Le Maire a osé conseiller à François Fillon de passer la main. Ultra-minoritaire, il s'est retiré de l'équipe de campagne du candidat maintenu, voire du nouveau "canal traditionnel". On songe aussi très fort au Front de libération nationale corse (FLNC) se scindant en "canal historique" et "canal habituel".

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"Je crois au respect de la parole donnée", a-t-il fait savoir par un communiqué en remémorant que, le 26 janvier, le candidat avait déclaré que, mis en examen, "il retirerait sa candidature". Mélenchon a souligné que François Fillon demandait "aux citoyens de lui voter une immunité". Emmanuel Macron est allé plus loin : estimant que François Fillon avait perdu ses nerfs et "le sens des réalités", il a ajouté que l'argument avancé devrait profiter à tous les délinquants, tous les criminels (et pourquoi pas à ceux en infraction de stationnement ?). La "violente" (Benoît Hamon) mise en cause des magistrats a été étendue, François Fillon reprenant la ligne de Donald Trump, aux journalistes et policiers puisque "la presse s'est fait l'écho des convictions des enquêteurs et d'elles seules". Comme si ces "convictions" n'étaient pas de "fortes présomptions" que les investigations ont confirmées. Bruno Le Maire est certes minoritaire, François Fillon conserve, sinon l'estime, du moins le soutien de la majorité, non pas des électeurs de la primaire de la droite et du centre, mais des seuls adhérents de LR et de sympathisants n'envisageant plus un "plan B".

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La question essentielle qui sera posée à François Fillon sera la suivante : battu à l'issue du premier tour, appellerez-vous à voter Marine Le Pen, à se déterminer en conscience, sans consigne de vote, ou à battre le Front national ? L'UDI se réunira ce jour. Quelle que soit la décision des instances du principal regroupement centriste, ses élus se détermineront en raison de la suite et de ses implications pour leur réélection ou élection. L'UMP réunissait le RPR, Démocratie libérale, Écologie bleue, le Centre national des indépendants, le Parti radical) : elle a volé en éclats et le sigle LR a surtout servi à faire oublier diverses affaires, dont celle dite "Bygmalion" qui colle encore aux basques de Nicolas Sarkozy. L'autre question, cruciale, c'est la majorité parlementaire future, et la perspective d'une cohabitation. Quelle que soit l'unanimité de façade proclamée par l'alliance LR-UDI, la dispersion a commencé, "courage, Fillon, fuyons…". Les seuls bénéficiaires du maintien de François Fillon sont Emmanuel Macron et Marine Le Pen, mais aussi, pour les législatives, diverses formations dont la composition reste encore incertaine. François Fillon s'en remet à l'opinion. Une partie de l'opinion descend sur les places publiques.