L’échec de Fillon à l’élection présidentielle est lié à sa personnalité, à ses affaires et à l’absence d’une stratégie de communication claire pendant la campagne du premier tour. La plupart des commentateurs expliquent l’échec par le tempérament et le processus d’une campagne solitaire menée par Fillon. Dans sa famille politique, Les Républicains, Nicolas Sarkozy estime que Fillon n’a pas assez parlé à la Droite populaire. Pour d’autres, le Sens Commun a altéré la vision d’une France plurielle. Bref, Fillon a perdu une bataille gagnable.

La ligne politique de Fillon structurée autour de la vision identitaire et libérale de Droite n’a pas convaincu les électeurs français. En redevenant simple militant de cœur, Fillon prend acte de son échec, se retire de la direction des LR pour conduire le parti aux élections législatives les 11 et 18 juin.

Publicité
Publicité

Le retrait de Fillon rebat les cartes au sein des LR et précipite le retour de Sarkozy en sous-main car celui-ci, malgré son retrait, n’a jamais réellement quitté la vie politique active. L’échec de Fillon pose trois problèmes aux Républicains LR :

  1. comment survivre après l’échec de leur candidat,
  2. comment se mobiliser et se préparer aux législatives sans chercher les règlements de compte qui viendront plus tard,
  3. comment reconstruire la ligne idéologique du parti dont on sait que la primaire a montré les profondes divisions entre trois Droites, une Droite forte et conservatrice représentée par Fillon, une Droite libérale et humaniste représentée par Juppé et une Droite de synthèse dont Sarkozy est l’impétrant de référence.

Les élections législatives et l’échec de Fillon précipitent le retour de Sarkozy, alors qu’il avait dit adieu à la vie politique.

Sarkozy à la manœuvre pour les législatives

La nature a horreur du vide. Le groupe représenté par les affidés de Sarkozy l’a bien compris. Il faut prendre de vitesse les autres courants des LR et, au nom de l’unité du parti, proposer une carte de rechange pour les élections législatives.

Publicité

Baroin a été désigné comme le chef de file des législatives. Woerth refait le projet des LR pour les législatives en l’humanisant. Wauquiez, en tant que Vice-Président, va gérer le parti et Christian Jacob devient le coordonnateur du projet. Le dispositif sarkozyste est en place en attendant les élections internes des Républicains en septembre.

Ce scénario a été pensé par les Sarkozystes sans tenir compte de l’avis des Juppéistes et des Fillonnistes. On s’attend à ce que la vision sarkozyste s’impose à court terme, mais ne soit pas le processus idéal à long terme. Pour le second tour, Les Républicains ont adopté une position incompréhensible : faire barrage au Front National et ne pas demander à voter pour Macron comme d’autres partis politiques l’avaient fait en 2002 pour Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen. Il y a une évolution de la doctrine du ni-ni adoptée par Sarkozy, mais la position des Républicains reste ambigüe et incompréhensible pour certains commentateurs de la vie politique française.

Publicité

Il y a, chez Les Républicains, une stratégie de calcul : Macron Président, Baroin leader des LR pendant les législatives gagnantes deviendrait Premier Ministre.

Baroin Premier Ministre de cohabitation

Pour Les Républicains, les législatives sont leur moment de revanche car ils estiment que leur implantation leur donnera une majorité à l’Assemblée et que Macron élu Président sera obligé de nommer Baroin à Matignon. Baroin pourrait ainsi appliquer la politique de Droite, celle que Fillon n’a pas réussi à imposer au cours de l’élection présidentielle. C’est un pari qui n’est pas gagné d’avance car personne ne sait comment la victoire de Macron va se traduire dans les urnes législatives.

La France est dans une quadripartition de la vie politique et il n’est pas sûr que les LR obtiennent à eux-seuls la majorité pour gouverner avec Macron. Macron va présenter des candidats dans toutes les circonscriptions. A Droite, des voix s’élèvent pour voter Macron au second tour, dont celle de Bruno le Maire. On peut penser que l’homogénéité des comportements n’est pas la palme de référence chez les LR. #Marine Le Pen #Emmanuel Macron #François Fillon