"Il y a deux façons de contrôler une nation: l'une par l'épée, l'autre par la monnaie" John Adams.

Sortir ou ne pas sortir? Quand et comment? C’est le débat récurrent qui agite une partie de l’élite africaine depuis toujours. Mais chaque camp, pro et anti affûte ses armes. Les uns convaincus que le FCFA assure une stabilité et une solidité à nos pays et que sans lui, notre situation serait bien pire. Pour eux, rien ne pourrait donc justifier une sortie de nos pays de cette zone monétaire. Les anti-FCFA de plus en plus décidés et les plus fervents opposants sont les membres de l’ONG Urgences Panafricanistes avec à leur tête Kémi Séba, et bien d’autres figures de proue telles que Toussaint Alain, ancien conseiller de Laurent GBAGBO, Claudy Siar, le Professeur Nicolas AGBOHOUN, et bien d’autres.

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Selon eux, il faut au plus vite se libérer ce joug, vestige des temps coloniaux et qui est la principale entrave à nos économies pour véritablement émerger.

FCFA : Franc de la communauté financière d’Afrique ou franc des colonies françaises d’Afrique ?

Idéologiquement, je me sens plus proche des anti-#CFA même si je pense qu’ils ne s’y prennent pas comme il l’aurait fallu. Il nous appartient en effet nous-mêmes africains de remplir les conditions de sortie du FCFA. La balle est dans notre camp et (pour une fois) la France n’y est pour rien. Nous y reviendrons plus loin.

Bien sûr tout est d’abord une question de souveraineté. Il n’est en effet pas sérieux que nous continuions à utiliser une monnaie frappée en France (à Chamalières notamment). Plusieurs autres considérations ne vont pas en faveur de cette monnaie, qui même si ses créateurs ont plusieurs fois au cours de son histoire tenté de lui donné une nouvelle aura en lui changeant de dénomination est fondamentalement restée l’instrument de domination qu’elle a toujours été.

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Il faut savoir par exemple que le CFA a un coût pour les pays de la zone monétaire (UEMOA, CEMAC, et Comores). Ces coûts sont liés notamment à l’entretien de la circulation fiduciaire et sont à la charge des banques centrales des pays membres. C’est donc par pur abus de langage que ces dernières sont qualifiées d’institutions d’émission, car elles n’émettent en réalité rien. Elles ne font que distribuer ce qui a été en amont émis par la banque de France. L’entretien de la circulation fiduciaire coûte en moyenne la bagatelle somme de 27 milliards de FCFA (près de 45 millions d’euros) rien qu’à la BCEAO chaque année. Autre raison qui ne plaide clairement pas en faveur de cette monnaie coloniale c’est les 50% de réserves de change que doivent constituer les États membres auprès de la puissance colonisatrice. Il est ici important de rappeler que dans un passé par si lointain ce quota culminait encore à 80%.

L’économie fondamentale, la solution

La littérature économique visant à démontrer combien le FCFA pénalise nos économies est abondante.

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Il serait long de la reprendre ici. Toutefois, il est important de rappeler que cette monnaie est aujourd’hui trop forte pour nos économies. Raison pour laquelle elle ne nous permet pas de réaliser des recettes sur nos exportations. L’Afrique demeure d’ailleurs le continent qui commerce le moins avec lui-même. En effet, les échanges entre pays africains s’estiment encore à moins de 5% de leurs échanges avec le reste du monde. Comment y remédier?

Les solutions que je propose n’ont rien de nouveau. Elles sont d’ailleurs largement véhiculées par le Docteur Bertin #KOOVI, grand défenseur de l’économie fondamentale dont je me fais l’écho. Il est en effet important que nous repensions nos économies et cela tient en une maxime: «Produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons. La plupart de nos pays importent encore plus de 50% de leur nourriture de l’Extérieur. L’économie fondamentale contribuera donc à rééquilibrer nos balances commerciales en réduisant considérablement nos importations. Par ailleurs, un retour aux fondements de l’économie nous permettrait ne créer les milliers d’emplois que détruit l’importation massive dans nos pays. Il urge donc de doper le secteur primaire dans nos pays, seul gage d’une réelle sécurité alimentaire. Il nous appartient de le faire. L’exemple le plus réussi en est la Chine. Je suis pour ma part convaincu que nous avons notre destin entre nos mains et qu’il nous appartient à nous seuls de sortir un jour ou non de ce joug qu’est le FCFA. #Kemi Seba