Je n'ai pas (ou plutôt, plus…) le talent de plagier ou pasticher le site du Gorafi, mais à la périphérie la plus à droite de mon second – et dernier – neurone, je ne peux m'empêcher de souhaiter l'accession de #Marine Le Pen à l'Élysée. Comment se priver du communiqué de la présidence à Theresa May voyant l'Angleterre se détacher de l'Écosse, de l'Irlande du Nord, du Pays de Galles, voire des Cornouailles ? Comment aussi résister à l'envie de lire Marine Le Pen adressant un message compassionnel à Melania et à la famille Trump après l'internement de Donald Trump ? Ou d'entendre une presse honnie assaillir le porte-parole de la présidence au sujet d'une remontée fulgurante du rouble contre l'euro à la veille d'un référendum ? D'autant qu'en prévision, j'aurais fortement misé sur le rouble.

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Sans compter les feux des crèches municipales, des sapins de Noël, des embrasements des illuminations dès le solstice d'hiver (jeudi 21 décembre), puis, en rétorsion, les caillassages des boulangeries-pâtisseries maghrébines osant se goinfrer en proposant hors de prix des galettes des rois en vitrines. Nan. Je pipeaute. Marine Le Pen, présidente, au lieu de se couvrir de ridicule, reniera habilement toutes ses promesses et finira, comme un François Hollande, par se discréditer et devoir renoncer à se représenter. Retraite largement abondée, plus que celle d'une Penelope Fillon, grâce au #Penelopegate, et amplifiée des avantages exorbitants des ex-chefs de l'État à la clef.

Donald Trump d'abord

14 mai, passation de pouvoirs à l'Élysée. 15 mai, #Donald Trump est interné.

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Après avoir redit qu'il obtient le meilleur audimat des matinales "depuis le World Trade Center". "Depuis que le World Trade Center s'est effondré", ratiocine-t-il. Donald Trump vient d'accorder un entretien à Julie Pace, d'Associated Press, qui, 16 fois de suite, même en réécoutant son fichier audio, n'a pu comprendre quels mots le président des États-Unis avait pu marmonner. "Tout est tellement…, vous savez, les ordres sont tellement massifs", dit-il. Quels ordres ? Devinez. En 2010, il évoque Wikileaks, plus tard, tel un François Fillon à la mémoire à trous, il ne se souvient plus de rien, tout comme il oublie avoir évoqué CNN dix minutes auparavant. Insolite : aucun théoricien du complot n'a suggéré que Donald Trump est drogué par des haschischins de George Soros pour dire et faire n'importe quoi. Mais Marine Le Pen, présidente, osera-t-elle ? Elle aussi aura "une alchimie folle" avec Angela Merkel, Kim Jong-il, Al-Sissi, Xi Jinping, tout comme The Donald. "Les gens me félicitent d'avoir une si grande alchimie avec tous les leaders mondiaux", insiste Donald Trump.

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Pour lequel "l'Italie paiera" (pour l'Otan), avant d'enchaîner : "Vous voulez un Coke ou quelque chose ?". 59 ou 79 missiles Tomahawks sur la Syrie ? Il ne sait plus trop mais imagine que "des gens pourraient avoir été tués". Marine Le Pen devant traduire pour la presse internationale les propos d'un Donald Trump qu'elle a encensé. Marine Le Pen, expliquant, comme Donald Trump, que les contrôles aux frontières allégeront les horribles souffrances des réfugiées et immigrantes ("franchir la frontière, c'est horrible pour les femmes"), pourrais-je m'en passer ? CNBC a retranscrit l'entretien. Allez voir. Jean-Marie Le Pen a déploré que sa fille n'ait pas fait une campagne "dans le style de Trump". Allez, elle peut se rattraper. Depuis Pierre Dac et Francis Blanche, des Bedos, Coluche ou Desproges ne pourront égaler une Le Pen nous faisant du Trump. Sens commun, La Manif pour tous, et Christine Boutin, plomberont les chances de Marine Le Pen. Franchement dommage. Nous aimerions tant "choisir la frange".