Devant la France entière, #Marine Le Pen a méticuleusement construit son programme de re-diabolisation. Depuis 2005, elle a entrepris la dé-diabolisation du Front National en établissant une distance avec son père, Jean-Marie Le Pen, en laissant de côté, sans les oublier, les thèmes classiques de l’immigration, de la sécurité et de la France éternelle. Que s’est-il passé le 3 mai 2017 ? Marine le Pen a craqué. Elle a perdu la boussole et l’ADN du Front National. Avec son compagnon Louis Aliot, et Philippot, le Vice-Président du Front National, Marine Le Pen a entrepris sa politique de "ripolinage" de la vitrine FN pour les médias et pour la société française.

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Lors du débat avec Macron, Marine Le Pen a perdu pied en tombant dans le piège tendu et véhiculé par l’équipe du candidat En Marche qui annonçait qu’en cas d’agression de Marine lors du débat, Macron quitterait le plateau. Ce ne fut pas le cas, ce qui a eu l’heur de déstabiliser la candidate du Front National qui, par son agression verbale, a installé le débat dans une direction défavorable pour elle et favorable pour Macron qui a déroulé son programme et son projet.

Le plan de travail des candidats était articulé autour de plusieurs thèmes parmi lesquelles on peut en tenir trois, comme le cas des travailleurs détachés, le rôle de l’industrie dans la compétitivité française et la problématique de l’Euro et l’adoption par la France d’une nouvelle monnaie, quasi-hybride, l’euro-franc.

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Opposition frontale à propos des travailleurs détachés

Pour Macron, la directive sur les travailleurs détachés n’est pas bonne, il faut en rediscuter les modalités avec les partenaires européens. On ne peut prendre aucune décision unilatérale dans ce domaine car il y a les travailleurs français qui sont détachés en Allemagne, au Luxembourg, en Hongrie, en Pologne. La méthode pour le candidat de En Marche est de lutter contre la concurrence sociale déloyale dans ce domaine et de remettre à plat tous les dispositifs en matière de salaire et de fiscalité concernant ces travailleurs.

Pour Marine Le Pen, il faut s’affranchir du diktat de l’Union européenne et supprimer simplement cette directive en donnant la priorité à l’emploi des Français et en dénonçant les employeurs européens qui valorisent une main d’œuvre étrangère bon marché dans le BTP (Bâtiments-Travaux Publics) et dans l’agriculture. La candidate propose la création d’une taxe additionnelle sur l’embauche de salariés étrangers, ce qui rapporterait deux milliards aux finances publiques.

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Le rôle de l’industrie dans la compétitivité française

Pour la candidate du Front National, il faut défendre l’économie nationale et éviter les délocalisations massives des entreprises françaises à l’étranger. Pour limiter la concurrence des entreprises étrangères, Marine le Pen propose de mettre en place un protectionnisme intelligent.

Pour Macron, il faut accélérer l’émergence d’un nouveau modèle de croissance qui reposerait sur la réconciliation de la transition écologique, de l’industrie du futur et de l’agriculture de demain. Il souhaite créer un fond de soutien à l’industrie et à l’innovation de l’ordre de 10 milliards en faisant la promotion des industries stratégiques de la France et en valorisant les investissements.

L’adoption par la France d’une nouvelle monnaie, quasi-hybride, l’euro-franc

Marine le Pen a expliqué de façon confuse la création d’une monnaie hybride : le nouveau Franc dont on ne connait ni les modalités de rattachement à l’euro, ni le fonctionnement concret pour les Français. Pour Macron, la question de l’euro ne se pose pas, car c’est la monnaie de référence pour la France et les pays européens, en revanche, on peut toujours améliorer le fonctionnement de l’euro dans l’union européenne en s’appuyant sur une nouvelle gouvernance européenne dans laquelle la France aura son mot à dire. #Élections #Emmanuel Macron