L'histoire que nous vous relatons est réelle, authentique. Elle se déroule le mardi 13 juin à 11 h, à la poste, Quai Farconnet, dans la petite ville ardéchoise de #Tournon sur Rhône. Un client de #la Banque Postale se présente au guichet. Son compte courant CCP affiche un avoir de plusieurs milliers d'euros. Très poli, il attend une dizaine de minutes devant un guichet vide. Apparemment, la préposée du seul guichet "opérations financières" était en pause. L'employée de la Banque Postale arrive. L'homme lui présente sa carte d'identité, un relevé d'identité bancaire et une formule de chèque. Il demande à retirer 200 euros pour payer quelques achats à la boulangerie de la place et quelques commerçants au marché de la ville voisine.

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L'employée de la Banque Postale refuse net et lui dit sur un ton à la limite du désagréable "Vous devez me présenter votre carnet de chèque, sinon je ne peux vous verser la somme !". "Mais, à Neufchâteau, dans les Vosges, on me demande simplement un relevé d'identité bancaire et une pièce d'identité... Au fait, vous êtes Madame ?" demande le client à l'employée qui n'est pas "badgée". Celle-ci refuse de répondre et dit "Au revoir Monsieur". Le client de la Banque Postale demande à voir le receveur de l'établissement. "Pas le receveur, mais je vais vous chercher une responsable". Quelques minutes plus tard surgit ce qui ressemble à une cadre de la poste, blonde platine, filiforme, élancée, un brin d'arrogance, qui a pris la précaution de retourner son badge nominatif afin de rester "non identifiée" comme les objets volants.

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L'homme lui demande son nom après s'être nominativement présenté. "Je n'ai pas à vous donner mon nom" rétorque de manière désagréable la cadre de la poste de Tournon sur Rhône. Le client effectue à nouveau sa demande de retrait de 200 euros, sa carte d'identité, sa formule de chèque et son relevé d'identité postal étant resté sur le comptoir au vu de la "Cheffe Postière". Même refus, sauf que la "Cheffe postière" s'abrite derrière un certain Philippe Wahl. "Nous appliquons la nouvelle réglementation rédigée par Monsieur Philippe Wahl, qui ordonne de présenter le chéquier complet pour tout retrait d'argent au guichet !". Rien à voir avec l'accueil des Banques Suisses....

La Banque Postale évolue ?

L'homme quitte les lieux, poliment, frustré de ne pouvoir retirer une faible partie des avoirs qu'il a confiés à la Banque Postale, en pensant que c'était mieux qu'ailleurs car service public oblige. Mais qui est Philippe Wahl, ce "grand sorcier de la Poste", inconnu du grand public, qui a le pouvoir de bloquer d'un trait de crayon les avoirs déposés par le client moyen ? Après quelques recherches, nous découvrons que Philippe Wahl, invoquée à toutes les sauces par les postières de Tournon sur Rhône, n'est pas un des multiples directeurs départementaux, mais le directeur général du groupe La Poste.

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Bigre ! Nous tentons, pendant 24 heures, de joindre Philippe Wahl par téléphone et par mail pour recueillir ses explications. Sans succès. Nous imaginons que Philippe Wahl est trop occupé pour répondre et qu'il ignore probablement l'existence d'un bureau de poste à Tournon sur Rhône, ville totalement inconnue des décideurs parisiens. Il est vrai que la ville de Tournon sur Rhône est à l'image de ce département oublié de l'Ardèche, où le frelon asiatique, prédateur des abeilles, file le bourdon aux apiculteurs , mais où les apiculteurs récoltent des médailles pour les meilleurs miels du Sud Est de la France .

Il est vrai aussi que Tournon sur Rhône est plus réputée pour l'effondrement de ses industries textiles" que pour son dynamisme bancaire ou son tourisme. Un simple fait de société ? Ou la partie visible d'un malaise entre l'institution Banque Postale du XXI ème siècle et ses nombreux clients nés au XX ème siècle ? Ou l'exemple d'une sur-réglementation qui étouffe l'engouement suscité par les services financiers de la poste, auprès de nombreux clients au siècle dernier ? Ces questions méritent d'être posées. #La République en marche