Jeff Koons, artiste américain contemporain le plus cher au monde, semble être à la recherche du bonheur. Le problème pseudo-philosophique qui en découle est bien évidemment celui de penser que l'argent fait (ou ne fait pas) ce bonheur que l'on recherche tous. Mais la véritable question est plutôt la suivante : Koons réfléchit-il plus que ses œuvres ?

En France, on aime les concepts. On aime comprendre ou deviner le pourquoi du comment, le propos de l'artiste et ce qu'il va nous apporter. Jeff Koons semble être en dehors de cela, il cherche juste à vendre du bonheur, de l'or (faux, parce que c'est de l'acier) en barre. Il y a un certain plaisir esthétique à la vue de ses œuvres - la pop de l'art - à la porté de tous. D'ailleurs la plupart de ses sculptures nous renvoient une vision de nous même, par le jeu du miroir. Les surfaces lisses et brillantes nous montrent notre propre reflet, en mieux puis ce qu'il est argenté. Il y a une histoire d'argent derrière tous ça, comme un paradoxe à l'Art.

Koons travail beaucoup sur la société de consommation, mais dans le potentiel objectif d'en faire partie. Il reproduit à la perfection, avec de la technologie de pointe, des objets plaisant au grand public. On prend du plaisir à regarder le chien rose géant en ballon, aérien et pourtant si imposant, qui nous montre notre propre sourire ébahit. Cet art est pourtant controversé. D'un coté il est commerciale, Jeff Koons c'est un businessman, il fait ça parce que ça marche. D'un autre coté le plaisir esthétique lié à l'objet, même sans concept, même s'il renvoi à un art décoratif moins élitiste, reste plaisant, parce c'est bien fait, et parce que c'est beau. On peut y voir une recherche plastique ou non. Après le Ready Made de Marcel Duchamp (présenté à la dernière exposition) une nouvelle version proposée par un artiste actuel nous invite à nous poser de nouvelles questions sur ce qu'est l'art aujourd'hui. Jeff Koons vend du bonheur et pour lui, le bonheur ça n'a pas de prix.

Rétrospective Jeff Koons, à voir au centre Pompidou à Paris, jusqu'au 27 avril  #Paris culture