À l'aube d'un débat sur la légalité de la prostitution au Sénat, des centaines de prostituées sont sorties à la place Pigalle et ont marché jusqu'à Belleville, qui sont deux endroits d'importance pour les travailleuses du sexe. En majorité des migrantes asiatiques et sud-américaines, en partie de l'Europe de l'Est également, ces femmes ont décidé de partager leur point de vue sur le sujet de la pénalisation de la prostitution.

Depuis toujours, ce métier est controversé. Est-il moralement justifié de louer le corps d'une personne pour se donner un peu de plaisir? Est-il moins justifié de prendre plaisir à regarder une pièce de théâtre?Tout le débat est lié à la notion de plaisir et de consentement.

Plusieurs associations appuient les prostituées

Les femmes ne sont pas seules dans leur combat. Plusieurs organismes et associations se sont joints à eux pour les aider. Médecins du Monde, Act-up et Aide ont notamment accompagné ces dernières dans leurs revendications. "Nous sommes contre la pénalisation et le délit de racolage que prévoit la #Loi", a indiqué Aying, qui représente des prostituées chinoises.

La loi, qui sera débattue dès lundi, prévoit de punir le délit de racolage. Pour les travailleuses du sexe, ce délit provoque des stigmates et rend la pratique de la profession plus dangereuse. "Les abus et le harcèlement que subissent les femmes sont plus difficiles à contrer depuis 2003, année de l'arrivée du délit de racolage", raconte Aying.

La prostitution est légale

En instaurant le délit de racolage, les autorités forcent les prostituées à vendre leurs services en secret. "Tout ce que cela donne, c'est une apparence de bonnes manières à notre société", explique Franceline Lepany, des Amis du Bus des femmes. Tout autre service est vendu librement dans la rue, affiché sans gêne sur les abribus ou les panneaux publicitaires. Alors, pourquoi pas ce service? C'est une question légitime dans la mesure où les femmes, voire les hommes, qui veulent l'exercer le font en toute connaissance de cause.

Les questions éthiques et morales reliées au sujet ne sont que des héritages de nos racines religieuses catholiques. Tout est question de perception. Il est vrai qu'il existe des réseaux criminels qui exploitent les prostituées mineures et étrangères, mais là n'est pas le débat. Ce fléau doit être contré. La prostitution consentante et éclairée se portera mieux si elle est encadrée. C'est le message des manifestantes de samedi.