Le songe d'une nuit d'été est une pièce de Shakespeare particulièrement exigeante. La légèreté, l'humour, mais aussi la permanence de la nature humaine et de la vie en société, permettent bien des adaptations, bien des aménagements, mais demandent à une troupe forcément nombreuse (on aime!) une rigueur d'exécution qui permette de suivre le déroulé très ambitieux écrit par le maître.

Le défi ? L'opposition entre la nuit (d'été), théâtre de tous les fantasmes, de toutes les magies aussi (est-ce si différent?), et la journée, réglée par l'ordre, la convention, l'autorité politique, la raison. La compagnie pianococktail le relève à la comédie Saint Michel, donnant une interprétation enlevée et enthousiaste. La mise en scène fait la part belle aux jeux de miroirs, reflet (c'est le mot) de la dualité des personnages, de leur humanité donc.

Le rythme est là, l'intrigue servie et, finalement, on se demande si les imperfections qui peuvent égrener certaines scènes - confuses par l'intention de l'auteur classique lui même - sont voulues, improvisées ou... subies. Bien sûr, le théâtre dans le théâtre qui est une des caractéristiques de cette comédie permet,,dans le burlesque, la caricature de l'amateurisme et ouvre ainsi toutes les libertés.

A vrai dire, c'est égal de sentir l'improvisation, tant la diversité des personnages et les rebondissements s'enchaînent dans une bonne humeur qui gagne le spectateur.

Le propos est galant, et si les scènes de la nuit peuvent paraître passer de la galanterie à l'érotisme à peine retenu, c'est finalement servir sans doute assez le dessein de ce songe. Qui voudrait chercher, en quittant la salle, à démêler le vrai du faux, le vraisemblable du vécu, le rêve de la réalité ? Pas le spectateur.

Importée du Festival d'Avignon 2014 (Théâtre des Barriques) , la pièce donnée à la Comédie Saint Michel fait souffler sur le quartier latin un peu de la liberté du « off » d'Avignon.

95, Bd Saint Michel 75005 Paris

Le mercredi et le vendredi jusqu'au 25 septembre.

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