Un seul mot d'ordre pour cette grève très agitée des chauffeurs de taxi : le « ras-le-bol », sentiment généralisé au sein d'une profession qui voit ces jours en danger face à la popularité naissante des voitures avec chauffeurs (VTC). Origine des tensions, l'application UberPop, qui permet de mettre des clients en relation avec les conducteurs particuliers, interdite, en principe, depuis le 1er janvier, conformément à la loi Thévenoud. Elle continue cependant d'exister dans les plateformes de téléchargement pour mobiles et continue de permettre à des particuliers de s'improviser, sans licences, chauffeurs, ce qui représentent au yeux des chauffeurs de taxis une situation injuste et une concurrence déloyale.

"Nous sommes au bord du gouffre"

Maamar, chauffeur de taxi parisien interrogé par le journal Le Monde, a rappelé sa crainte pour son avenir. Il a exprimé son ressentiment à l'égard de l'essor que connaissent les VTC, « J'ai acheté ma licence 235 000 euros, j'ai pris un crédit sur dix ans pour ça. Depuis qu'#Uber est arrivé, mon chiffre d'affaires coule. Je regrette d'être entré dans ce métier », a-t-il déclaré. D'autres chauffeurs interrogés place Denfert-Rochereau ont, à l'unanimité, insisté sur l'impact économique que leur activité subit comme conséquence du développement du service de transport privé, un service qui n'est pas régit par les mêmes contraintes, notamment celle de l'obligation de disposer d'une licence, un investissement pour le chauffeur de taxi qui ne coûte pas moins de 250 000 euros dans certains cas.

Uber maintient ses positions « illégales »

Alors que le gouvernement en la personne du ministre de l'intérieur insiste sur l'illégalité du service UberPop, la start-up américaine a annoncé en début du mois de juin ses projets de déploiement dans trois nouvelles villes françaises (Marseille, Strasbourg et Nantes). Dans un entretien avec le magazine Le Monde, Travis Kalanick, 38 ans, PDG fondateur d'Uber déclare : « Nous ne voyons pas les choses ainsi. Il existe de nombreuses façons d'interpréter une loi. ». Uber refuse donc de retirer son service du marché français à cause d'une « différence d'interprétation » du texte de loi ? En outre, Le groupe américain a récemment déclaré à la Radio RTL sa volonté de « contester en justice l'arrêté préfectoral interdisant l'activité d'UberPop dans l'agglomération parisienne ». Affaire à suivre. #Paris politique