Les jours passent depuis le 13 novembre, mais la douleur a encore bien du mal à s'estomper. J'avais bel et bien un proche au Bataclan, qui s'en est sorti. Pour tourner la page de ces douloureux souvenirs, voici quelques passages de ce que mon frère a vécu au Bataclan.

Pas très en forme en arrivant à Paris, il décide tout de même d'aller au concert donné par le groupe "Eagles of death metal" dans la salle ancienne et intimiste du Bataclan. "Dès la première chanson, I Only Want You il me semble, les premiers rangs de la fosse bougent énormément, les pogos se lancent dans la joie et la bonne humeur, je suis bousculé et après avoir participé sans conviction sur la première chanson je préfère reculer".

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La chaleur et le manque de place se font ressentir, et il se dit que le concert sera tout aussi agréable au balcon. "Un peu comme tout le monde, je m’adosse à un siège replié, puis je finis par m’appuyer sur ceux de devant pour mieux voir. Sans être idéal, ça a le mérite d’être moins fatiguant qu’en bas, et je suis presque pile en face donc aucun souci pour profiter du spectacle. La dernière fois que je regarde l’heure machinalement dans le concert, il est environ 21h40 (en tout cas je me souviens m’être dit qu’on arrivait à la moitié du concert)".

Quelques secondes plus tard, les terroristes font irruption dans la salle. "Les premières détonations retentissent. J’ai le temps de voir des gens courir sur la scène, j’attrape ma veste sur le fauteuil voisin et me dirige vers le couloir derrière le balcon, en suivant le mouvement".

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La panique commence à s'emparer des spectateurs qui cherchent une issue de secours, conscient de la chance qu'ils ont de se trouver au premier étage de la salle. "Je sais que j’ai vu un corps, mais ce qui m’a le plus marqué à ce moment reste la quantité de sang qu’il semblait y avoir au sol, j’en ai d’ailleurs un souvenir très flou, plutôt une sorte de grande tache rouge qu’une image précise qui me hante". Coincés dans une salle dont la seule issue est une trappe à plusieurs mètres de hauteur, les personnes présentes commencent à chercher des solutions pour s'enfuir sans créer la panique. "Ma taille aidant, je saisis le pied posé sur la grille et leur demande de donner une impulsion vers le haut. Ça n’a rien d’héroïque, mais je suis content de pouvoir aider et cherche à accélérer le processus pour pouvoir sortir".

Après être sorti par cette trappe, le petit groupe se retrouve recroquevillé sur une partie du toit du Bataclan. Certains arrivent à accéder tant bien que mal à des appartements accolés, mais il n'y a pas de place pour tout le monde.

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Commence alors une attente interminable. "Il doit être à peine plus de 22h, mais ces minutes m’ont paru une éternité. Je n’ose imaginer ce qu’ont vécu ceux coincés dans la fosse à faire les morts, ou encore ceux cachés dans les coulisses, en attendant les secours". 

Pendant plus de deux heures, c'est le silence qui se fait roi sur les toits puis l'assaut est lancé à l'intérieur. Les vitres sont brisées et le toit tremble avec les détonations. Quelques minutes plus tard, la BRI aide les spectateurs réfugiés sur le toit à descendre un par un, dans la plus grande prudence. "Quand c’est mon tour je franchis la barrière, mais je marque un temps d’arrêt. Il y a le corps sans vie d’une femme directement à la verticale de l’échelle, qui n’a pas été couvert dans la précipitation. Même si je me doute que certains ont vu bien pire dans la salle, je suis choqué que tous ceux qui passent par la même échelle que moi aient à voir ça". Mais c'est bel et bien la fin de l'angoisse pour eux, qui s'en sortent vivants.

Continuez à sortir, à vous cultiver et à vous amuser dans des concerts, c'est la seule réponse à donner aux terroristes. Peace, Love, Death Metal

http://fr.blastingnews.com/international/2015/12/pour-triompher-de-daesh-il-faut-envoyer-des-troupes-au-sol-00684115.html

http://fr.blastingnews.com/politique/2015/11/attentats-a-paris-l-hecatombe-00654271.html #Paris politique #Terrorisme #Daesh