Ce vendredi 5 décembre 2014, la Tunisie commémore le 62ème anniversaire de l’assassinat du militant et syndicaliste Farhat Hached.

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Hached était l’un des grands visages du mouvement national en Tunisie à côté de Bourguiba, Salah Ben Youssef… Syndicaliste en premier lieu, il estimait que les droits des travailleurs tunisiens ne peuvent avoir lieu avant d’obtenir l’indépendance de la colonisation française.

Ce 5 décembre 1952 était une journée comme toutes les autres de cet hiver qui s’annonce long et émouvant. Le pays nage dans le sang, le mouvement national joue ses dernières cartes pour sortir d’entre les mains d’une colonisation qui a duré plus de 70 ans. Farhat Hached quittant sa demeure dans la région de Rades, une banlieue de la capitale tunisienne, a été suivi par une voiture qui lui a tiré dessus. Blessé, il essayait de sortir de sa voiture lorsqu’une autre voiture arrive pour un deuxième tour de tir. L’organisation de l'armée française "La Main rouge" fut pour longtemps accusée de cet assassinat.

Farhat Hached est mort ce matin là, mais pas le mouvement populaire, ses mots et ses actes sont restés à jamais gravés dans les cervelles des Tunisiens, de génération en génération.

Mais pourquoi Farhat Hached a réussi à réunir autant les Tunisiens ?

Certes, sa mort à l’âge de 38 ans au milieu d’un brouillard populaire a fait de lui cette icône en Tunisie ainsi que dans le monde arabe. Toutefois, Farhat Hached était la voix des plus démunis, des employés dans l’Afrique du nord. L’annonce de sa mort le 5 décembre 1952 a déclenché un mouvement de protestations partout dans le monde Arabe, depuis le Maroc jusqu’en Syrie.

Né dans une famille modeste à EL Abbassia en Tunisie le 2 février 1914, Farhat Hached a commencé sa carrière de syndicaliste alors qu’il était un simple employé dans une société de transport au Sahel en créant une affiliation au CGT. Doté d’une force d’esprit, il a réussi à accéder à plusieurs fonctions au sein du syndicat.

Estimant que le CGT n’était pas favorable aux inspirations des Tunisiens de l’époque, il décide de se retirer avec un nombre de camarades pour créer en 1946 l’organisation qui saura réunir les syndicaux du nord et du sud du pays, qui deviendra après l’UGTT : l’Union Générale Tunisienne du Travail.

Farhat Hached est connu pour son slogan : la dignité vient avant le pain (un slogan qui ressemble à ce que les Tunisiens ont utilisé lors de la révolution de 2011). Il était également connu pour sa capacité à inciter les gens à se battre pour leur liberté. Selon lui, il n’y a pas de dignité ni de droit au sein d’un pays occupé par des forces étrangères.

Suite aux déclarations d’un ancien fonctionnaire de la DST, Jean Baklouti a affirmé l’implication du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE) en soulignant que « Si c’était à refaire je le referais », en définissant l’assassinat du leader comme étant légitime étant donné qu’il représentait un menace pour la France à l’époque.

62 ans sont déjà passés depuis la mort du grand leader et la Tunisie pleure encore et toujours l’un des plus grands hommes de son #Histoire contemporaine.