Changement de cap politique pour l'Uruguay. Celui qui a été défini comme 'le plus européen des pays d'Amérique Latine' perd un de ses guides le plus révolutionnaires. José Mujica dit 'Pepe' laisse la place à Tabarè Vazquez (déjà à la tête du pays entre 2005 et 2010) qui a remporté le second tour de l'élection présidentielle avec 53,5 % des voix. Vasquez, a été maire de la capitale Montevideo jusqu'en 1995 et milite dans le rangs du même parti que Mujica, la coalition de gauche appelé FA - Frente Amplio (qu'il a guidé en 1996 remplaçant le général Líber Seregni, leader historique de la gauche uruguayenne). Il assume cependant des positions plus conservatrices et moins radicales que son prédécesseur.

Le peuple, qui pourtant semblait tant attaché à la figure donquichottesque de Mujica, a donc plébiscité son prédécesseur, qui est sorti vainqueur de la consultation du 30 novembre, avec le score le plus élevé jamais enregistré depuis le retour de la démocratie dans le pays il y a presque trente ans. Vazquez remporte ainsi la quatrième présidentielle de sa longue carrière politique (il s'était déjà présenté en 1994, en 1999).

Mujica s'est fait connaître par son style de vie plutôt austère, indifférent à toute les flatteries du pouvoir. Un modele éloigné des autres présidences du continent, mais aussi des excès de l'Amérique du Sud. Regardé avec suspicion dans le milieu de la politique internationale, Mujica était courtisé par les mèdias, désireux de mettre en avant son caractère très rustique. Il est adoré par tous les idéaliste du monde entier. Pendant son mandat il a soutenu un bon nombre de réformes concrètes comme la légalisation de la marijuana et de l'avortement et l'ouverture aux mariages homosexuels. Son action s'inscrit dans une longue série de rèformes sur une ligne avant-gardiste en matière de droit civils qui caractérisent le pays (l'Uruguay avait déjà reconnu le divorce en 1913, bien avant la plus grand partie de l'Europe). Le grand pragmatisme de Mujica a permis au pays de bénéficier d'une importante croissance économique et d'une bonne série d'avancements sociaux.

Le flambeau passe donc à Vazquez, qui devra travailler sur l'unification sociale d'une nation qui semble avoir noyé son patriotisme dans le bien-être. Il devra aussi réussir dans la difficile entreprise de faire oublier au peuple uruguayen le visage bienveillant et honnête de Mujica. #Élections