Est-il allé trop loin ? En tout cas, Jean-Luc Mélenchon, ancien coprésident du Front de gauche en France, n'a pas trahi sa réputation d'anti-langue de bois. Commentant l'élection, le week-end dernier, de l'ancien président Nicolas Sarkozy à la tête de l'UMP, le candidat de "la gauche de la gauche" à la présidentielle de 2012 en a profité pour "tirer" sur #François Hollande, l'actuel locataire de l'Elysée, qui serait plus à droite que son prédécesseur.

Sarkozy vu par Mélenchon, "c'est un homme qui a assumé une ligne de droite qui maintenant paraît en matière sociale plus modérée que l'est François Hollande". Un François Hollande qui a "aggravé" tout ce qu'avait fait en son temps Nicolas Sarkozy.

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Le président de l'UMP aurait une "cohérence intellectuelle", et serait un "protagoniste de haut niveau", croyant en ce qu'il dit. Loin des "mollassons" et des "ectoplasmes" dont on ne sait pas ce qu'ils pensent. Mélenchon se refuse à les citer mais l'allusion est limpide...

Ces petites phrases ont une importance certaine. Mélenchon n'a aucune intention de participer à un quelconque rassemblement à gauche, au premier comme au second tour, qui se structurerait autour de la hantise de voir triompher Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen, et qui profiterait à son "meilleur ennemi" de l'Elysée. Forcément, cela pourrait avoir des conséquences. Déjà, les réseaux sociaux s'agitent. "Pour mieux taper sur Hollande, il tresse des lauriers à Sarkozy : ce soir, Mélenchon est entré dans la quatrième dimension", écrit sur Twitter le journaliste Olivier Biffaut, qui agrémente son tweet d'un hashtag ironique : #sciencefiction.

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Une internaute (@Twistsky) qui résume le tout en parlant d'un "Mélenchon devenu pro-Sarko" est retweeté 48 fois en quelques heures.

Mélenchon prend en tout cas le risque de déplaire à la frange de l'électorat de gauche qui, bien qu'étant fort réservée sur le bilan économique et social de François Hollande, continue d'éprouver une sorte de "répulsion" culturelle pour Nicolas Sarkozy, l'homme que beaucoup de Français aiment détester. Au sein du Front de gauche aussi, ses propos ne seront pas forcément bien vus par tout le monde. Ils "réveillent" le clivage, déjà à l'oeuvre lors des dernières municipales, entre ceux qui veulent ménager des possibilités d'alliances tactiques avec un Parti socialiste qu'ils continuent de considérer comme une force de gauche, et les partisans d'une rupture claire et nette. Joue-t-il la carte d'une victoire de la droite en 2017 qui permettrait de rebattre les cartes, ou espère-t-il que des primaires à venir sortira un candidat PS qui poussera le curseur plus à gauche ? Il devra en tout cas s'en expliquer.

BN #Élections