Sarkozy, élu à l'UMP, s'apprête dire à la France entière qu'il est le père d'un nouveau né: le Rassemblement. C'est un vaste mouvement à venir, républicain forcément, dont l'objectif est de faire disparaître l'UMP. En faisant émerger une nouvelle doctrine et une nouvelle stratégie politique, ce mouvement fera-t-il exister des hommes et des femmes « nouveaux » avec une autre façon de faire de la politique dans l'espace français?

Le nouvel organigramme de l'UMP compte 22 sarkozystes sur 28 membres. Morano, Dati, voire Guéant, montrent leur agacement et ne comprennent pas le grand écart réalisé par Sarkozy en nommant Kosciusko-Morizet à la Vice-présidence et Wauquiez au Secrétariat général. Dati demande à Sarkozy de clarifier sa position. Je rassure Nadine Morano : la ligne stratégique de Sarkozy n'adviendra jamais car il est obligé pour des raisons d'équilibres politico-stratégiques au sein de l'ancienne UMP de donner à boire et à manger à tous les courants formés par les juppéistes, les sarkoszystes, les fillonistes et les copéistes. Une fois les troupes calmées et rassurées, il pourra faire émerger le vaste mouvement qu'il appelle de ses vœux : le Rassemblement, mouvement républicain fondé sur la citoyenneté dont la légitimité de base sera le peuple français.

Sarkozy veut organiser des référendums d'initiative populaire pour chaque sujet important et construire un mouvement qui s'étendra des droites bonapartistes et orléanistes jusqu'au centre-droit utile (celui de l'UDI). Il ne désespère pas de demander aux électeurs du Modem de se désolidariser de François Bayrou. La même adresse sera faite aux socialistes déçus (il y a bien eu en 2007 une Gauche moderne) et aux militants FN. Certains électeurs du FN ne sont que des communistes, des socialistes et des UMP déçus qui ont rejoint Marine le Pen par défaut.

En créant le Rassemblement, Sarkozy fait un autre calcul : réduire l'espace de Juppé et de Fillon lors de la primaire de l'UMP, amadouer l'UDI de Lagarde et créer les conditions d'une victoire au forceps pour être sûr d'être au deuxième tour en 2017 face à Marine Le Pen. Sarkozy fait un calcul simple et qui peut être gagnant : les erreurs tactiques de Hollande entre 2012 et 2017 et la montée en puissance du front du refus au Parti Socialiste (que Martine Aubry accompagne avec joie). Sarkozy part du principe que le candidat de gauche, quel qu'il soit, sera éliminé car le peuple de France a besoin de changement. Dans cette perspective, Juppé peut encore jouer sa carte, encore faut-il qu'il sache manœuvrer en prenant pour témoins les peuples de droite, du centre et de gauche qui estiment que Sarkozy a fait son temps. Il reste à Juppé à construire une organisation et une stratégie, même sans parti contrairement à Sarkozy soutenu par l'UMP.

Juppé doit se faire apprécier. Il a réussi une émission remarquable sur France 2, mais « une hirondelle ne fait pas le printemps ». Il lui reste à organiser ses relations avec Sarkozy, tout en jouant la carte de la complémentarité (car ils puisent tous les deux dans le même électorat) et celle de la différenciation car il est différent de Sarkozy, tant sur la ligne politique, que sur la manière de gouverner la France.

Le Rassemblement est donc ce nouveau parti à venir. Les militants sont globalement d'accord avec ce changement de nom et de logo, mais des réticences au niveau de certains cadres de l'UMP apparaissent, et, comme toujours, sous le sceau de l'anonymat. Sarkozy va-t-il aller jusqu'au bout de son rêve en faisant disparaitre l'UMP au profit du Rassemblement républicain L'UDI acceptera-t-elle de se dissoudre dans ce nouveau mouvement ? Créer le Rassemblement oui, mais avec qui ? Avec quelle doctrine ? Avec quelle ligne politique claire ? Pour quel mandat de gouvernance pour après l'élection présidentielle de 2017 ? #Élections