Pas une voix discordante. A l'unanimité de toute la classe politique et médiatique, le journal Closer a été vivement critiqué toute la journée pour sa révélation de l'homosexualité de Florian Philippot. Une sorte d'union sacrée s'est constituée autour du responsable du Front National. Comme on pouvait s'y attendre, Marine Le Pen, la présidente du parti a réagi vivement en dénonçant une atteinte à la vie privée et « aux libertés individuelles. » « Ce type de comportement est insupportable. Je le dis quand cela touche Florian Philippot comme quand ça touche François Hollande. La vie privée est sacrée », a-t-elle ajouté. A l'époque où le président de la République s'était retrouvé au cœur de l'actualité pour des questions de vie privée, Marine Le Pen avait déjà taclé les médias et défendu le respect de la sphère privée : « Si l'image du Président est dégradée, c'est à cause des médias qui rapportent cette liaison », avait-elle dit sur i>Télé. Elle réagissait alors à la Une de Closer - déjà - qui avait sorti l' « affaire » Hollande-Gayet.

Si la patronne du FN est dans son rôle en défendant son camarade Philippot et en chargeant de nouveau les médias, d'autres réactions sont plus surprenantes car elles viennent de responsables politiques peu suspects de sympathie envers le FN. C'est le cas par exemple du député PS Olivier Faure qui écrit sur Twitter : « Détester ses idées et pour un soir se sentir solidaire de #Philippot. #Closer #pressepoubelle ». Même chose pour son collègue Nicolas Bays : « L'outing de @f_philippot par #closer est inacceptable. Même si j'exècre ses idées, le droit à la vie privée est sacré. » Encore plus à gauche, Alexis Corbière du Parti de Gauche s'est fendu d'un « Je suis en désaccord radical avec les idées de @f_philippot mais je trouve dégueulasse qu'une presse révèle les détails de sa vie privée », également sur Twitter. A droite aussi, l'article de Closer a suscité des réactions sans ambigüité. L'UMP Valérie Debord par exemple s'est aussi épanchée sur le réseau social : « L'#Outing de @f_philippot par un magazine people est indigne, ce n'est pas ainsi qu'on doit combatte les idées du FN #éthique ».

La peopolisation n'épargne personne

Face à cette indignation sans doute sincère et remarquablement transpartisane, la patronne de Closer a tenté de se justifier. Invitée sur Europe 1 ce vendredi matin, Laurence Pieau a défendu les choix de son équipe. Rappelant que le FN en faisait pas l'objet d'un acharnement particulier puisque Hollande ou Moscovici figurent déjà au tableau de chasse « peopolitique » de la rédaction. « Comment peut-on imaginer que le numéro 2 du Front National, qui peut-être appelé au pouvoir si on en croit le FN, peut arriver à des fonctions sans avoir évoqué sa famille, ses relations privées, sans avoir d'épouse, d'amie, d'ami ? Comment peut-on imaginer ça possible en 2014 ? », a lancé Laurence Pieau en ramenant le dossier sur le terrain politique. Et reposant l'éternelle question qui aura décidé beaucoup occupé politiques et médias cette année : les responsables politiques ont-il le droit à une vie privée lorsque leurs fonctions les exposent autant ?