Ségolène Royal défend les feux de cheminée en Ile de France, elle qui est pourtant censée représenter les intérêts de l'écologie, intitulé de son Ministère. Mais c'est surtout la façon dont elle a formulé cette demande qui fâche. Certains médias ont ironisé sur le sens qu'elle donne à son mandat. Madame la Ministre fait clairement les gros titres avec sa volonté de revenir sur l'interdiction des feux de cheminée en Ile-de-France, une décision qui selon elle, "ne va pas dans le bon sens".

La question est bien actuelle et urgente selon les résultats des analyses menées par l'organisme AirParif. Des tests effectués dans Paris pointent du doigt le chauffage domestique et en particulier celui dérivant du bois, responsable du 7% de la pollution aux particules fines de la région (presque autant que le trafic routier, qui participe de cette pollution à l'hauteur du 8%). Et même si le deux tiers de polluants émaneraient de sources situées en dehors de l' Île-de-France, les cheminées, souvent très vielles et pas correctement intervenues, restent à vérifier.

Ses opinions sur l'écotaxe avaient déjà choqué. Il faut également rappeler le drame social se déroulant chez Ecomov, la société crée exprès pour collecter la taxe écologique, qui a décidé de se séparer de centaines de salariés. Madame Royale en rajoute une couche avec ses propos dérangeants.

Dans le collimateur de la Ministre, entrent désormais les feux de cheminée en Ile de France, sur lesquels aurait du peser, à partir de janvier 2015, un lourd arrêt préfectoral. Contraint de mettre aux normes leurs structures pour limiter l'émission de particules fines, beaucoup de propriétaires n'avaient pas hésité à manifester leur mécontentement, bien soutenus par les professionnels de la filière du bois, inquiète pour la baisse de chiffre d'affaire que pourrait engendrer cette mesure

Volonté populiste, faute de résistance aux lobbies du bois ou réelle respect d'une tradition millénaire ? Royal semble rester plus proche de la première, chose plutôt compréhensible pour une politique, mais étonnante pour la titulaire du portefeuille de l'écologie, censée se battre pour l'amélioration de l'environnement et pour les questions de santé publique.

Pas étonnant qu'une partie des écologistes (et pas seulement) regrette le départ de Delphine Batho, bien plus traditionnellement positionné sur l'échiquier politique de gauche.