L'année 2015 est une année décisive pour la Guinée. En plus des élections présidentielles, communales et communautaires qui sont au programme, le pays qui, depuis un an maintenant est ravagé par une épidémie de virus Ebola, risque de connaitre des évènements politiques très mouvementés. Les signes précurseurs de cet état de fait n'ont pas tardés à se manifester dès les premiers jours du mois de janvier 2015.

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Menace de grève du mouvement syndical guinéen

Les centrales syndicales guinéennes sont en grève générale et illimitée à partir de ce 5 janvier 2015. Le mouvement syndical guinéen dénonce entre autre le retard volontaire accusé dans l'application de la nouvelle grille salariale et le régime des pensions, l'indifférence de l'Etat face à la situation des travailleurs dans l'usine de Friguia, de la Sotelgui, de Feralux, du Port autonome de Conakry, la non application des statuts particuliers de l'éducation et de la santé, le non-respect du protocole d'accord relatif à la fluctuation du prix du carburant à la pompe..

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L'opposition appelle à un meeting géant le 7 janvier

En plus de la grève générale et illimitée que compte lancer le mouvement syndical guinéen, l'opposition annonce l'organisation ''d'un meeting géant'' le 7 janvier prochain à l'esplanade du stade du 28 septembre de Conakry. A cette occasion les opposants au régime d'Alpha Condé comptent exprimer leur ras-le-bol contre le manque de dialogue politique entre l'opposition et le gouvernement, le non signature des conclusions du dialogue politique de juillet 2014, avant de demander la recomposition de la Commission électorale nationale indépendante CENI qu'ils estiment n'est pas paritaire.

Le Gouvernement guinéen financera entièrement ses élections

Récemment, le Président guinéen Alpha Condé a annoncé que la Guinée sera à mesure de financer ses propres élections sans aide extérieure. Ces élections présidentielles et communales vont coûter à la Guinée environ 57 millions d'euros selon la CENI.

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L'annonce de cette volonté des autorités de Conakry a suscité des soupçons et des interrogations au sein de l'opposition guinéenne.

Alors que l'économie nationale est fortement touchée par les conséquences de l'épidémie hémorragique du virus Ebola qui continue encore à faire des victimes, il serait miraculé que la Guinée puisse se dépasser de l'aide extérieure pour organiser des élections libres et transparentes estiment certains observateurs. Du coté de l'opposition on voit carrément une façon pour le parti au pouvoir d'empécher notamment l'Union européenne et ses observateurs à jeter un œil sur le déroulement du processus électoral. On se rappelle que lors des élections législatives de septembre 2013, les observateurs de l'Union européennes ont joué un grand rôle pour la transparence des élections.

De l'autre coté, l'opposition le rappelle à toutes les occasions qu'elle n'acceptera pas des élections truquées en 2015. Ce qui pourrait également déclencher des manifestations poste-électorales sans précédent.

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