Accaparé par les événements tragiques de ces dernières semaines et la politique à mettre en œuvre pour gérer la menace terroriste, #Manuel Valls a enfin pu mettre le nez en dehors du pays pour accomplir ses missions à l'étranger. Le Premier ministre était ainsi attendu en #Chine pour un voyage express, où il devait faire acte de présence pendant trois jours, du 29 au 31 janvier, accompagné d'une cinquantaine de chefs d'entreprises françaises prêts à faire des affaires. Ressorti grandi après les attentats de Paris (63% des Français ont désormais une bonne image de lui, selon un sondage du Parisien), Valls s'est donc envolé à l'autre bout du monde pour sensibiliser son homologue chinois à deux enjeux capitaux : le développement des relations économiques entre la France et la Chine, et la signature d'un accord mondial sur le climat lors de la prochaine grande conférence à Paris, fin 2015.

Une affaire de gros sous

Autrefois snobée par les puissances mondiales, la Chine est aujourd'hui incontournable lorsqu'il s'agit de faire des affaires. La France l'a bien compris, et c'était d'ailleurs le but principal du voyage de Manuel Valls. Si la Chine collabore économiquement avec beaucoup de pays européens, la France est néanmoins à la traîne. Les importations chinoises en France sont en effet près de 2,5 fois moins nombreuses que les exportations françaises en Chine. De plus, la part de marché de la France en Chine n'est que de 1,18% (en 2013), contre 4,8% pour l'Allemagne. De quoi donner envie au gouvernement de pousser les relations sino-françaises ! Certaines ont déjà porté leurs fruits, comme l'usine Airbus à Tianjin. Le Premier ministre y était d'ailleurs en visite ce jeudi matin. « L'implantation de cette usine il y a dix ans était le fruit d'une confiance réciproque et d'un pari ambitieux et partagé. Les résultats sont au rendez-vous : cette chaîne a livré plus de 200 avions. Je suis confiant quant à la poursuite du développement de cette coopération », a déclaré Manuel Valls à l'issue de cette visite.

Une sorte de « slogan » qu'il répètera plusieurs fois lors de ses déplacements et de ses rencontres avec les dirigeants et entrepreneurs chinois. « Les Français reçoivent les Chinois en les invitant à Versailles, eux nous reçoivent à la Cité interdite. Nos deux pays sont le fruit de leur histoire, les symboles sont importants, tout autant que les investissements chinois en France », a-t-il encore assené vendredi matin alors qu'il venait de visiter la Cité interdite.

Valls s'agenouillerait-il devant la puissance mondiale, mendiant pour l'un ou l'autre contrat ? C'est un peu ce qu'on pourrait croire, mais le Premier ministre croit dur comme fer aux bienfaits que pourraient apporter la Chine à l'Hexagone. « Ne soyons pas frileux, sinon ils iront ailleurs. Il faut convaincre nos compatriotes de ne pas se laisser aller au vent mauvais de la peur du Chinois », a-t-il déclaré aux journalistes français qui ont pu le suivre au bout du monde. Celui-ci espère désormais avoir suffisamment flatté les Chinois pour simplifier et faciliter les transactions entre les deux, en particulier dans plusieurs secteurs comme l'énergie, les transports, et l'industrie agro-alimentaire. Les Chinois dégusteront-ils bientôt des escargots de Bourgogne et du jambon de Savoie ?

L'économie verte pointée du doigt

Si Manuel Valls avait fait le déplacement, c'était également avec la petite idée derrière la tête de sensibiliser son homologue chinois à l'écologie. La nouvelle première puissance mondiale est l'un des pays les plus pollueurs de la planète, et s'est depuis toujours refusé à signer un quelconque accord sur le climat, même si un premier pas a été fait lorsque la Chine a accepté de diminuer sa production en gaz à effet de serre en novembre dernier. La pollution du pays, dont les habitants des grandes villes dont Pékin vivent presque constamment dans un « smog », a également des effets pour le reste du monde : des chercheurs de la NASA viennent tout juste de publier un rapport qui explique que les émissions chinoises seraient la cause de l'augmentation des cyclones dans le Pacifique nord et des vagues de froids qui sévissent en Amérique du Nord. La signature de la Chine au prochain traité établi à la conférence mondiale du climat à Paris fin 2015, visant à limiter l'augmentation de la température à deux degrés pour la fin du siècle, sera donc capitale. Manuel Valls parviendra-t-il à convaincre les Chinois ?