Qu'est-ce que la liberté d'expression ? Humainement, s'exprimer revient à libérer quelque chose qui est en nous. La liberté d'expression est donc un pléonasme en soi. Au delà de ça, la liberté d'expression n'est pas une vertu absolue, car, aujourd'hui plus encore, elle se heurte à ses propres limites. Qu'a-t-on le droit de dire ? Qu'a-t-on le droit d'exprimer ? Peut-on rire de tout ? Voici les sempiternelles questions qui font écho à travers les médias à l'heure où ils tentent de faire la distinction entre #Charlie Hebdo et Dieudonné.

Suite à l'attentat perpétré à l'encontre de la rédaction de Charlie Hebdo, la liberté d'expression s'est vue affublée du slogan "Je Suis Charlie" qui a été partagé dans le monde entier, mais qui a eu aussi droit à ses détracteurs et ses récupérations. Un élan libertaire s'est alors formé dans une union nationale qui n'aura duré que quelques jours, le temps de faire le deuil. Hier, la nouvelle Une de Charlie Hebdo avec Mahomet en guest star relançait de nouveau le débat sur l'insolence de leurs dessins, alors que l'humoriste Dieudonné se retrouvait en garde à vue pour un tweet clairement malvenu, interprété comme de l'apologie au terrorisme, le plaçant encore au milieu de la controverse.

La justice, garde-fou de la liberté d'expression

En France, les limites à la liberté d'expression sont définis par la justice puisque toute liberté socialement reconnue se trouve juridiquement limitée. Si cette liberté revient à insulter publiquement une personne ou une institution, à tenir des propos racistes incitant à la haine et la violence, et à faire de la diffamation, les limites sont franchies. Cette limite qui interdit aujourd'hui de faire, par exemple, l'apologie du terrorisme, de soutenir le négationisme ou encore d'étayer des théories du complot qui viseraient à remettre en question les évènements historiques et actuels. Ces limites garantissent tout simplement notre droit à cette liberté d'expression et permettent surtout de préserver la démocratie.