"Un apartheid territorial, social, ethnique,(...) s'est imposé à notre pays". Des propos qui peuvent choquer à la vue de la lourde signification du mot apartheid. Cette phrase prononcée par le Premier ministre français, #Manuel Valls, le 20 janvier, divise. Une phrase qui, depuis, suscite critiques et polémiques.

Les langues se délient et les reproches fusent du côté du Front National et de la droite. Ces propos considérés comme "une insulte à la France" selon le vice président du FN, Florian Philippot. A l'UMP, c'est Nicolas Sarkozy qui se dit être "consterné". Selon lui "comparer la République française à l'apartheid, c'est une faute". Bruno Lemaire, quant à lui, parle d'"une outrance et une insulte à la République". Si l'on ne s'en tenait qu'à cela, nous pourrions penser que Manuel Valls serait, à l'heure actuelle, en train de s'en mordre les doigts. Et pourtant. Le Premier ministre est loin de regretter ses propos. Il justifie que le mot apartheid était une façon, pour lui, de "marquer les esprits".

Une majorité de Français donne raison à Manuel Valls

Certaines personnalités politiques se disent sous le choc des propos tenus par Manuel Valls. Mais qu'en est-il du côté des Français?

Selon un sondage réalisé quelques jours après ce discours, qui a mis le feu aux poudres, une majorité de Français donne raison au Premier ministre. Ils sont, en effet, 54% (contre 45%) à penser qu'il y aurait bien un "apartheid territorial, social et ethnique" instauré en France. Ce sont 70% des sympathisants de gauche qui pencheraient du côté de Manuel Valls et 40% de ceux de droite.

Malheureusement pour le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, ces mêmes Français estiment qu'il aurait eu tort de porter des jugements concernant le gouvernement. Selon eux, les dires de Nicolas Sarkozy briseraient "l'union nationale", tant souhaitée par nos politiques.

Des propos qui ne datent pas d'aujourd'hui

En 2005, Manuel Valls se confiait dans le livre La laïcité en face, avec Virginie Malabard. À l'époque député-maire d'Evry, il avait évoqué le terme d'"apartheid territorial". Faisant référence aux émeutes survenues cette année-là en banlieue parisienne. "J'ai même parfois parlé d'apartheid, car c'est vraiment le sentiment que l'on peut avoir dans certains endroits", déclarait-il.

Des émeutes qui, selon lui, aujourd'hui, seraient tombées aux oubliettes. "Qui aujourd'hui s'en rappelle?Et pourtant les stigmates sont toujours présents. La relégation périurbaine, les ghettos, ce que j'évoquais en 2005 déjà - un apartheid territorial, social, ethnique - qui s'est imposé à notre pays", affirmait le Premier ministre, mardi, dans ses vœux à la presse.