BLASTING NEWS. Comment réagissez-vous après l'utilisation de l'article 49-3 ?

Benoist Apparu : Ça ne me choque pas. C'est un outil de la Constitution. Dire que c'est un passage en force est faux. C'est un peu le cas de figure de François Hollande lorsqu'en 2006, il parlait de « déni de démocratie. » Nous devons éviter de faire la même chose. En revanche, c'est la raison de l'utilisation qu'il faut pointer. Il y a, au sein de la gauche, un séisme idéologique sur le champ économico-social. L'article 49-3 est en général utilisé lorsqu'il y a une obstruction parlementaire. Sous Nicolas Sarkozy, nous avons d'ailleurs limité son utilisation estimant que nous en aurions moins besoin. La loi Macron nous prouve le contraire… Quant à la motion de censure, elle n'a aucune chance d'être votée.

BLASTING NEWS. N'est-ce pas le signe d'un bouleversement idéologique au sein des deux grands partis?

Benoist Apparu : À droite, il y a des nuances. Nous avons des divergences sur les thèmes sociétaux. Au PS, par contre, il y a une véritable fracture idéologique sur le champ économico-social. Il y a une opposition forte entre ceux qui ont compris que le mur de Berlin est tombé et ceux qui ne l'entendent toujours pas. Sur ce sujet-là, vous ne verrez pas de très grandes différences à droite. Ça ne veut pas dire que c'est moins grave.

BLASTING NEWS. L'image de la politique ne risque-t-elle pas d'être encore un peu plus dégradée ?

Benoist Apparu : Malheureusement, il y a encore des réflexes pavloviens qui demeurent. Ces réflexes qui disent « je suis de l'opposition alors je vote 'contre', je suis dans la majorité alors je vote 'pour'. » Ce sont des réflexes stériles. Quand j'entends Valls justifier l'utilisation de l'article 49-3 en parlant de « responsabilité », j'ai l'impression d'écouter Fillon. De même, quand Macron parle de « coalition du déni », ça fait partie de ces grandes tirades traditionnelles. Certes, l'#UMP a voté 'contre' comme l'extrême-gauche. Mais nous n'avons pas voté 'contre' pour les mêmes raisons. La population en a marre de cela. Les gens nous demandent d'être plus sincères avec nous-mêmes. #Manuel Valls