Ce lundi 23 février, s'est tenu le dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) réunissant près de 700 invités. Le président de la République, #François Hollande, s'est amplement exprimé face aux personnalités politiques et en a profité pour annoncer son plan d'actions contre l'antisémitisme. Ce dernier sera prochainement présenté par Manuel Valls.

Suites aux attentats de Paris et de Copenhague et aux profanations dans le cimetière juif dans le Bas-Rhin, François Hollande s'est voulu rassurant. Après avoir rappelé l'importance de l'histoire de la République, il n'a pas caché sa volonté d'instaurer, dans les plus brefs délais, des sanctions contre les actes antisémites, quels qu'ils soient. « Tous les propos racistes ou antisémites ne relèveront plus du droit de la presse mais du droit pénal », affirme-t-il.

Les acteurs sur internet les plus importants auront un rôle à jouer. Le président a sollicité leur participation à la « régulation numérique » afin qu'ils ne soient plus considérés comme acolytes des auteurs des actes perpétrés envers la communauté juive. Pour que l'objectif du président soit atteint, la semaine du 16 au 21 mars sera consacrée à l'éducation. « Ne pas enseigner la Shoah, ce serait la nier. La haine, quand elle anonyme, elle se démultiplie », a prononcé François Hollande. Pour clôturer son discours, il a rappelé que les Français de religion juive ont tout à fait leur place en France, contrairement à ceux qui leurs sont hostiles.

Un dîner sous haute tension

Malgré les mots de François Hollande, les convives de cette 30e édition annuelle n'ont pas oublié les propos tenus par le président du CRIF, Roger Cukierman. En effet, au matin, il avait suscité une vive polémique sur Europe 1. Il a affirmé que « toutes les violences antisémites sont commises par des jeunes musulmans » avant de s'en prendre, ensuite, à la présidente du Front Nationale, Marine Le Pen. Selon lui, le FN serait « un parti à éviter ». Bien qu'il assure ne rien avoir contre Marine Le Pen, personnellement, le président du CRIF a tout de même précisé, au micro de Jean-Pierre Elkabbach, qu'elle n'était « pas fréquentable » et qu'il ne votera jamais pour son parti.

Des mots qui ont soulevé un tollé général durant toute la journée. Et ce, jusqu'au dîner. « Ce qu'a dit Cukierman à propos de Marine Le Pen est inacceptable » a soutenu Arno Klarsfeld, avocat franco-israélien. Quoi qu'il en soit, Roger Cukierman a, tout de même, présenté ses excuses. Il espère que « le contact soit rétabli » au plus vite. Pour lui, le plus important est « le vivre ensemble ». Il a avoue, aussi, avoir contacté le président du Conseil Français du Culte Musulman, Dalil Boubakeur, absent ce lundi soir. Le recteur de la Grande mosquée de Paris avait, en effet, appelé au boycott de ce rassemblement. Il semblerait que même l'appel de Mr Cukierman ne l'a pas convaincu d'y participer.