Le premier tour des dernières élections législatives partielles à Montbéliard dans le Doubs vient de rendre son verdict. Avec 32% des voix la candidate FN est en tête devant le candidat socialiste (29%). Grand perdant de ce premier tour, le candidat UMP est éliminé avec 26% des voix. L'UMP paye-t-il le prix les événements dramatiques qu'a connu la France début janvier? Tout le laisse à penser.

Les observateurs politiques du pays attendaient certainement avec impatience les résultats du premier test électoral après les tragiques attentats qui ont endeuillé la France au tout début janvier.

Les résultats de ce soir sont tombés, implacables pour le candidat de la principale formation politique de l'opposition. Éliminé du premier tour. Bien sûr, le taux d'abstention a atteint un niveau record avec 60% des inscrits. Mais l'analyse de tous ceux qui s'intéressent à la politique dans notre pays peut très bien être la suivante: tout d'abord le haut score du FN qui dépasse les 30% peut être interprété par un réflexe sécuritaire des électeurs après ce qui s'est passé à Paris. Mais ce résultat doit être relativisé compte tenu du niveau record de l'abstention qui a privé d'ailleurs le représentant de l'UMP du second tour. Les spécialistes politiques le savent. Dans ce genre d'élections partielles, les électeurs du FN se mobilisent et votent en masse. On ne peut en dire autant pour les électeurs des partis de la majorité et de l'opposition. Au final, c'est un score gonflé pour le FN qui bénéficie d'un effet purement arithmétique, compte tenu du comportement de ses électeurs.

Autre constatation: le candidat PS fait mieux que se défendre puisqu'il conserve toutes les chances de remporter l'élection dimanche prochain si les voix des électeurs de l'UMP se reportent massivement sur lui. Autre effet des événements et du remarquable comportement du Président et du gouvernement pendant les attentats, le PS semble redorer son blason.

L'UMP semble être donc le grand perdant politique de ce début d'année 2015. Comme si les attentats de Paris avaient polarisé le débat politique entre un FN s'érigeant en rempart contre l'islamisme plus que jamais en position de force et un PS, parti du gouvernement, requinqué et morigéné par le comportement exemplaire de ses élites gouvernantes finalement plus à la hauteur de leurs responsabilités que l'on pouvait penser.

Certainement le petit coup de pouce du destin qu'attendaient le Président Hollande et son gouvernement empêtrés dans les affaires et dans les résultats médiocres de leur politique jusqu'à lors.

Et l'avenir de l'UMP là dedans? Le retour de Sarkozy n'a pas eu l'effet escompté. Pire, les frères Kouachi et Coulibaly semblent sceller le sort d'un mouvement que l'on donnait futur vainqueur de toutes les élections à venir. #Front National

Devant la tentation du FN des électeurs effrayés par le terrorisme islamique et le refuge d'un PS qui a montré des qualités pendant la crise, l'UMP semble reléguer pour le moment au rang d'arbitre, rôle dévolu au FN jusqu'à il n'y a pas si longtemps. Personne ne pouvait imaginer un tel scénario, il y a à peine un mois. En politique, tout peut aller très très vite mais les élections présidentielles de 2017 sont encore loin.