« Cette décision était destinée à aller vite parce qu'on n'avait pas de temps à perdre, ni de risque à prendre. Je suis déterminé à poursuivre l'action de réforme pour redresser l'économie et garder cette ligne directrice qui est celle de l'égalité. » Après le bruit qui a suivi l'utilisation de l'article 49-3 de la Constitution afin de sauver la loi Macron, François Hollande a été contraint de se justifier, mercredi. Le président de la République doit faire face à un contexte particulier où sa majorité s'est déchirée. Quant à l'opposition, elle s'est précipitée sur la faille pour déposer une motion de censure qui sera débattue, ce jeudi. Mais qui n'a absolument aucune chance d'être votée.

« Coalition du déni »

Au Parti socialiste, le début de semaine a été, c'est le moins que l'on puisse dire, très éprouvant. Peu confiant quant à l'issue du vote, le Premier ministre #Manuel Valls a, en effet, décidé d'engager son gouvernement pour sauver la loi Macron. Et pour cause, après 82 heures de discussion et 111 heures de débats en séance publique, la loi ne passait pas. « Je ne prendrai aucun risque, expliquait-il sur TF1, mardi. Je souhaite que nous puissions agir rapidement. La Gauche gouverne. Elle doit assumer ses responsabilités. Et ce gouvernement assume pleinement ses responsabilités. » Le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, n'a, lui, pas apprécié « cette coalition du déni » visant l'opposition et les frondeurs.

Contacté par nos soins, Frédéric Barbier, député du Doubs, fraîchement élu lors d'un second tour médiatique contre le Front national, ne s'inquiète pas pour autant. « La loi va poursuivre son cheminement, nous explique-t-il. Elle sera retravaillée par le Sénat puis reviendra à l'Assemblée. Ça a été très difficile. Je pense que les gens étaient assez favorables à la loi. Mais d'autres ne l'étaient pas et se sont faits entendre. C'est la démocratie, je n'en veux à personne. »

« Pas un texte de gauche ou de droite »

L'opposition s'est elle gargarisée de mettre le doigt sur la faiblesse de la majorité. Nicolas Sarkozy s'était, mardi, fendu d'un tweet révélateur : « La vérité éclate au grand jour : il n'y a plus ni majorité, ni gouvernement. » Et Laurent Wauquiez, numéro 3 de l'#UMP n'a pas hésité à lancer à l'encontre du président de la République : « sa majorité ne le suit plus car les résultats ne sont pas là. C'est un aveu terrible d'impuissance. Le gouvernement est obligé de recourir aux pires outils de la démocratie parlementaire. C'est un terrible aveu. »

Marine Le Pen a, elle, demandé la dissolution de l'Assemblée nationale. « C'est un terrifiant aveu d'échec, lâche la présidente du Front national. Le gouvernement utilise un article qui force le passage. Cela aura pour conséquence un affaiblissement du gouvernement. C'est totalement en contradiction avec ce qu'a dit Manuel Valls. C'est un déni de démocratie comme le disait François Hollande. Donc, la démocratie voudrait que l'on organise la dissolution de l'Assemblée nationale. »

Pour Frédéric Barbier, la loi Macron doit passer. D'après lui, l'acceptation partielle du travail le dimanche est « une petite partie de la loi qui a été très critiquée. Pourtant, je peux vous dire que beaucoup de grandes surfaces ouvrent déjà le dimanche matin. Autre exemple, dans ma circonscription, beaucoup de personnes qui voulaient aller en Pologne pour pas cher doivent aller prendre le bus en Allemagne. La multiplication des bus, plus écologiques, est positive. Ce n'est pas un texte de gauche ou de droite. C'est un texte qui sert l'intérêt général. »

En attendant l'adoption finale, l'Assemblée nationale doit voter la motion de censure déposée par l'UMP, à 18 heures. Celle-ci n'ayant aucune chance d'obtenir la majorité, la patate chaude sera vite redonnée au Sénat. #PS