« Je ne prendrai aucun risque. Je souhaite que nous puissions agir rapidement. La Gauche gouverne. Elle doit assumer ses responsabilités. Et ce gouvernement assume pleinement ses responsabilités. » C'est par ses mots que #Manuel Valls a annoncé devant les députés le recours à la procédure de l'article 49-3 dans la loi Macron. La motion de censure a été déposée par l'UMP et doit être désormais votée. Puis le Sénat l'aura sur la table avant le dernier mot à l'Assemblée.

Coup de théâtre à l'Assemblée

Peu avant ce coup de théâtre, Emmanuel Macron avait reproché « une forme d'union de ceux qui ne veulent pas changer le pays. » Le ministre de l'Économie a déclaré, un brin dépité : « Finalement, vous retrouvez de part et d'autre une forme d'union : ceux qui ne veulent pas changer le pays, ceux qui préfèrent dire que tout va bien, ceux qui préfèrent dire qu'on ne fait pas assez… » Dans le même temps, Manuel Valls s'inquiétait déjà de l'issue du vote. « Je ne dramatise pas. Au moment où je parle, le texte ne passe pas, a lâché le Premier ministre. Ce serait un affaiblissement considérable. »

Pour information l'article 49-3 permet au Premier ministre d'engager sa responsabilité sur un texte de loi. Le projet de loi est donc considéré comme adopté sauf si une motion de censure est votée par l'Assemblée. En cas de vote de la motion, le gouvernement doit démissionner. Mais cela reste peu probable.

« La loi Macron, pas la loi du siècle »

L'utilisation d'un tel procédé n'a pas fait que des heureux que soit à gauche ou à droite. Christian Paul, l'un des députés frondeurs a estimé que « la loi Macron n'est pas la loi du siècle. C'est une loi à contre-emploi. Ça ne nécessitait pas qu'on revienne aux vieux rouages de la Constitution… » L'un des premiers à réagir était Jean-Luc Mélenchon qui a critiqué la décision de Manuel Valls. « C'est un échec pour le Premier ministre, accuse-t-il. Il s'est révélé sans majorité et a pris le seul outil qui est à sa disposition. Un outil de contrainte, de menace pour faire passer sa loi. »

À droite, Nicolas Sarkozy s'en est donné à coeur joie sur Twitter : « La vérité éclate au grand jour : il n'y a plus ni majorité, ni gouvernement. » Pour Laurent Wauquiez, numéro 3 de l'UMP, « sa majorité ne le suit plus car les résultats ne sont pas là. C'est un aveu terrible d'impuissance. Le gouvernement est obligé de recourir aux pires outils de la démocratie parlementaire. C'est un terrible aveu. »

« Un terrifiant aveu d'échec »

Marine Le Pen a, elle, demandé la dissolution de l'Assemblée nationale. « C'est un terrifiant aveu d'échec, lâche la présidente du Front national. Le gouvernement utilise un article qui force le passage. Cela aura pour conséquence un affaiblissement du gouvernement. C'est totalement en contradiction avec ce qu'a dit Manuel Valls. C'est un déni de démocratie comme le disait François Hollande. Donc, la démocratie voudrait que l'on organise la dissolution de l'Assemblée nationale. »

Alors que la motion de censure a une chance infime de voir le jour, le texte doit être examiné au Sénat dès le mois d'avril. Ce sera ensuite à l'Assemblée nationale de trancher.