Ce mardi 3 février, Philippe Martinez a été élu à la tête de la CGT (Confédération Générale du Travail). La liste, présentée par celui qui dirige déjà la CGT Métallurgie, et qui est composée de dix membres, l’a emporté avec 88,8 % des voix du « parlement » du syndicat.

C’est un défi difficile qui attend cet homme de 53 ans. En effet, depuis plusieurs mois déjà, ce syndicat, qui compte près de 700.000 membres, s’enfonce un peu plus dans la crise.

Un ancien directeur et des polémiques

Après un an et demi à la tête de la CGT, le successeur de Bernard Thibault, Thierry Lepaon, n’a eu d’autre choix que de démissionner de la direction du syndicat le 7 janvier dernier. En cause ? Des polémiques à répétition qui ont entaché sa réputation. Il y a d’abord eu la médiatisation de la rénovation du logement personnel et du bureau de l’ancien directeur, aux frais du syndicat. La polémique aurait pu s’éteindre, mais c’était sans compter sur une indemnité perçue par Lepaon pour avoir dirigé la CGT de la région de Basse-Normandie. L’indemnisation atteindrait près de 100.000 euros, selon certains médias.

Un nouveau patron pour redonner de l’élan

Martinez a un objectif clair : faire oublier les déboires récents de la CGT et relancer le syndicat. Mais il est possible que la tâche soit plus ardue qu’escomptée. La légitimité de Martinez au poste de directeur pourrait être en question. En effet, le 13 janvier dernier, le Comité Confédéral National (CCN) avait refusé Martinez et sa liste – appuyée par Lepaon – à la tête de la CGT. Depuis, ce dernier n’a eu de cesse de travailler pour trouver une légitimité à ce poste.

Mais les syndicats en général, et la CGT en particulier, s’affaiblissent en France. Les salariés votent de moins en moins : - 9 % des voix en six ans à l’EDF, - 4 % des voix en cinq ans à la SNCF et – 7 % des voix en dix ans à La Poste, d’après Europe 1.

Les salariés ont une tendance à moins se préoccuper des syndicats et c’est notamment le cas des jeunes qui adhèrent de moins en moins à cause des retombées que cela pourrait engendrer sur leur emploi.

Le défi de Martinez pour redresser la CGT est donc colossal, et seul l’avenir nous dira si c’est possible.