V.N/ Bonjour au quatuor. Vous êtes candidats aux départementales, pouvez-vous nous expliquer pourquoi?

Eric.Schultz/ Comme vous l'avez souligné, nous sommes plusieurs à candidater, en binôme et avec nos remplaçants. Nous sommes une équipe. Nous voudrions pouvoir apporter une proposition politique différente qui passe par un réengagement sur le programme des écologistes ou sur l'entrée en politique de personnes étant issues de la société civile qui ont travaillé sur des projets associatifs ou dans leur quartier. Il ne faut pas se dessaisir des affaires publiques, mais reprendre la main et permettre à de nouvelles personnes de rentrer dans le jeu politique. On se présente pour être élus, mais également pour redonner du pouvoir aux citoyens. Leur rendre le pouvoir de dire, le pouvoir de décider et le pouvoir de faire.

V.N/ Madame Aday, vous êtes candidate sans étiquette pour ces élections, pouvez-vous nous dire pourquoi vous êtes vous engagez avec la liste d'Europe Ecologie Les Verts?

Martine.Aday/ Je pense que c'est l'originalité des Écologistes, ou un peu partout quand il y a une association d'écologistes et de membres de la société civile. Justement pour faire ce lien avec les citoyens. Quand on voit les initiatives citoyennes naissant un peu partout, on voit que les citoyens s'intéressent à la vie publique. Les citoyens participent peut-être moins aux élections, ce qui est dommage, car nous ce que l'on aimerait, c'est justement redonner une certaine confiance aux gens dans la politique, pour qu'ils puissent s'adresser à nous et que l'on puisse savoir ce qu'ils souhaitent et faire ce lien avec eux. Voilà la raison de ma présence dans ce binôme. Mais je préfère dire que l'on est de simples citoyens et citoyennes, qui veulent avoir un engagement plus large, et non des candidats sans étiquette.

E.S/ Il faut justement que les citoyens ne se coupent pas de leur pouvoir d'agir, de leur pouvoir de faire, pour pouvoir réussir à reprendre le contrôle des choses. C'est le problème d'aujourd'hui, trop de personnes se dessaisissent de la vie politique, ce qui donne une abstention massive, un vote à l'extrême droite, on est dans un abandon de son droit élémentaire de citoyen et le message que l'on veut porter, c'est « réinvestissez-vous et revenez en scène » et ce sera déjà une partie de la solution. Nous avons dans le canton 5 de Strasbourg, un binôme qui dit que l'on fait tous partie du problème et de la solution. C'est très juste !

V.N/ Monsieur Schultz, vous faites partie d'Europe Ecologie Les Verts et êtes adjoint au maire de Strasbourg. Pourtant vous ne faites pas campagne commune avec le Parti Socialiste en Alsace, pourquoi?

E.S/ Si nous avons pu être en coalition ailleurs en France et bien que nous ayons été dans le gouvernement à un moment donné, nos projets sont différents de ceux du Parti Socialiste en termes de développement économique, de solutions que l'on peut apporter et de préoccupations environnementales. Nous avons en Alsace un certain nombre de points de clivage avec le Parti Socialiste, tels que Stocamine dans le haut-rhin, le Grand Contournement Ouest à Strasbourg et l'avenir de la centrale de Fessenheim. Nous partons donc sous les couleurs écolos, avec la volonté comme le disait Martine Aday, de nous rouvrir à la société civile pour porter des options et animer un lien avec eux de manière franche en ayant des binômes Écologistes et citoyens et pas seulement des suppléants de la société civile et des binômes candidats écologistes.

V.N/ Pouvez-vous nous détailler un point de votre programme qui vous tient à cœur?

E.S/ Il y a une question qui aujourd'hui me préoccupe beaucoup, c'est la question de l'accompagnement des innovations sur les nouvelles formes de solidarités avec les personnes âgées. Nous voulons encourager les cohabitations, on peut essayer d'inventer d'autres formes de solidarité que la maison de retraite ou l'aide à domicile, en permettant à des jeunes couples de cohabiter avec les personnes âgées dont ils prendraient la charge en contreparties d'avantages économiques en matière de logement, c'est une piste à creuser. Nous pourrions aussi inventer des structures dans des familles. Par exemple, on a des structures de crèches parentales, on l'on s'occupe de ses enfants, on peut aussi imaginer des structures gérées par les enfants pour s'occuper de leurs parents lorsqu'ils deviennent trop âgés pour être en pleine autonomie, mais être malgré tout dans une relation de filiation et de lien resserré au sein de la famille.

M.A/ Je vais poursuivre avec un autre point, c'est le quatrième point du tract que nous distribuons sur les marchés, c'est celui qui parle de la démocratie de proximité. Il y a plusieurs définitions de la démocratie finalement, j'ai vu par le passé dans mon engagement militant, des réponses d'élus qui disaient représenter des projets et qui disaient « si vous n'êtes pas d'accord avec nous, vous n'avez rien compris, » c'est un peu une forme de mépris des citoyens, car on ne leur demande pas leurs avis.. La démocratie, ce n'est pas seulement de voter pour quelqu'un qui vous représente et qui ensuite prends toutes les décisions à votre place, c'est aussi ce que disait Eric tout à l'heure, donner du pouvoir aux personnes de décider ce qui les concernent, comme dans les quartiers où l'on voit que des initiatives citoyennes se mettent en place. Les personnes savent exactement ce qu'elles ne veulent pas. Or plus on associe les gens à un projet, plus il y a une correspondance avec les besoins qu'ils expriment.

V.N/ Question pour vous, Mr Baumert, vous êtes le seul suppléant présent à cette interview donc j'en profite pour vous demander de vous présenter?

S.B/ Alors je m'appelle Simon Baumert et je suis suppléant sur la liste d'Eric Schultz et de Martine Aday pour le canton 1 de Strasbourg. J'habite Strasbourg depuis 3 ans et je me suis toujours senti engagé, dans les questions écologiques et environnementales notamment. J'étais d'abord à Greenpeace, puis j'ai rejoint les jeunes écologistes et depuis peu, j'ai pris ma carte à Europe Écologie Les Verts. Il y a moins d'un an pour être plus précis. J'ai voulu poursuivre mon engagement et m'investir sur le territoire où j'habite. Pour moi, passer par la politique est un moyen indispensable pour faire avancer l'écologie pour un territoire.

V.N/ Même question qu'avant, pouvez vous détailler un point du programme qui vous tient à coeur?

S.B/ Pour moi, un des incontournables reste le GCO (Grand Contournement Ouest). Ça fait partie des projets qui ne doivent pas voir le jour ! Ça représente le monde d'avant, c'est le symbole d'une génération qui tire les manettes un peu partout. C'est de l'argent public et privé gaspillé, des dégâts pour l'environnement. Pour ceux qui ne le savent pas, le GCO est un projet datant d'une quarantaine d'années et qui avait pour but de désengorger Strasbourg au niveau des bouchons le matin et le soir. Il a été remis en selle il y a quelques années par plusieurs groupes d'intérêts politiques et économiques. Si nous nous opposons à ce projet-là, c'est parce que c'est un projet qui va faire une véritable "saignée" dans le Kochersberg,. Qui va passer à travers des territoires, coupant en deux des villages alsaciens, retirer des terres agricoles, alors qu'il n'y en a pas tant que cela comparé à d'autres endroits. Le but du GCO est de déporter des véhicules qui ne passent pas par Strasbourg. C'est une fausse solution à un vrai problème alors que l'on pourrait mettre une écotaxe pour les poids lourds et envisager un schéma régional des transports plus cohérent.

E.S/ Nous pensons que le Grand Contournement Ouest, s'il se faisait, utiliserait des espaces agricoles en les détruisant de manière irréversible et ne réglerait pas les problèmes, mais servirait de couloir à camion sur un axe nord-sud, pour éviter la LKW Maut du côté allemand. C'est exactement pour cela que l'on veut rentrer dans les institutions. Pour dire que l'argent public qui aujourd'hui est prévu dans ce genre de projets, ferait mieux d'être mis dans des solutions alternatives pour ménager les déplacements, le territoire bas-rhinois et nos finances, plutôt que d'aller à marche forcée vers des « solutions » qui datent des années 70 alors que les conditions environnementales, économiques et les modes de déplacement ont radicalement changé depuis 40 ans. #Élections #Strasbourg politique