Tant qu'on renforcera les mesures de sécurité en prison, il y aura des détenus pour chercher à les contourner, et certains plus malins que d'autres y parviendront très certainement. C'est pourquoi, Charles Pasqua a déclaré ce dimanche dans l'émission de France 2 "13h15 le dimanche" qu'il était non seulement inutile mais également dangereux de vouloir rassembler tous les jihadistes au même endroit. Sa solution à lui ? Les envoyer au bagne. Une idée surprenante, qui pourrait en convaincre certains sans toutefois faire l'unanimité.

Ministre de l'Intérieur de 1986 à 1988 et de 1993 à 1995, Charles Pasqua est visiblement un flic de la vieille école. En effet, il y a fort à parier que la plupart des membres du gouvernement actuel n'auraient jamais envisagé la mesure des retours au bagne, faute de les avoir connus avant leur fermeture (pour rappel, les travaux forcés ont été abolis en 1945, et les derniers détenus en sont sortis en 1953). Il fallait donc vraisemblablement quelqu'un qui ait grandi pendant cette période-là pour y penser.

De plus, selon lui, l'isolement des islamistes entre eux est d'autant plus dangereux qu'il se ferait sur le sol métropolitain. Son idée est donc la suivante : envoyer les détenus sur une île déserte, et transformer cette île en bagne.

Cette mesure, dont l'évocation a sonné comme un coup de fusil, paraît simple mais soulève plusieurs questions. En admettant qu'on ne fasse que rouvrir d'anciens camps de travaux forcés, il faudrait les remettre aux normes, y renforcer la sécurité en y installant les dispositifs actuels (qui ont certainement bien changé depuis les années 1950), mais surtout, former correctement ceux qui seront chargés de la surveillance. Le gouvernement est-il prêt à engendrer de telles dépenses en temps de crise ? De plus, à moins de prononcer des condamnations à vie, est-on sûr d'éviter une récidive ? Ne risque-t-on pas de tomber dans un système carcéral qui exacerbe la criminalité au lieu de l'endiguer ? Enfin, dans le cas où on trouverait des réponses satisfaisantes à toutes ces questions, une dernière subsiste : n'y a-t-il pas, sur le sol français, d'autres détenus que ceux qui portent le turban qui méritent les travaux forcés ? #Djihad