En gagnant les élections présidentielles de 2012, #François Hollande avait faire naître un large espoir à gauche. Certains étaient convaincus que François Hollande allait gouverner la France en se différenciant de Nicolas Sarkozy sur le rôle de l'Etat, la gouvernance économique et la mise en place d'un projet collectif capable de rassembler et d'ancrer les Français dans la mondialisation. Sur ces trois points, ils ont été largement déçus.

Si les Français ont toujours souhaité que l'Etat les protège, ils voulaient un Etat stratège et imaginatif. François Hollande, au contraire, a ancré dans le marbre un Etat imposant avec une fiscalité qui plombe les citoyens et qui empêche les entreprises d'investir et d'anticiper les bienfaits des marchés futurs. Les ménages ploient sous la fiscalité et se demandent si d'autres impôts ne vont pas être levés.

Au niveau de la gouvernance économique, François Hollande a perdu deux ans d'atermoiements économiques avec des alliés politiques qui ne sont pas intellectuellement formés à la chose économique, comme les Verts pour une partie du Front de Gauche. A la différence du SPD allemand qui en 1959 lors de la conférence de Bad-Godsberg avait reconnu l'alliance de la Gauche avec le Marché, le Parti Socialiste français, pour des raisons idéologiques, n'arrive pas à se reconnaitre comme social-démocrate. C'est récemment, grâce à une épreuve de force feutrée, que François Hollande est en train d'imposer le tournant social-démocrate au Parti socialiste, ce qui va être inscrit dans les livres d'histoire lors du Congrès du Parti socialiste, en juin 2015 à Poitiers, avec la motion majoritaire du Premier secrétaire du Parti socialiste Cambadélis.

Cambadélis n'est que le porte-voix de François Hollande. Concernant la mise en place d'un projet collectif, c'est-à-dire le vivre ensemble, François Hollande a « surfé » sur la symbolique du 11 janvier « Nous sommes tous Charlie » qui a scellé l'union de la France avec elle-même et les forces de sécurité. C'est une bonne chose qu'il faut saluer. C'est une symbolique qu'il faut continuer dans la pratique pour que les Français vivent ensemble malgré leurs différences religieuses, ethniques, politiques, idéologiques. Malgré sa capacité à surfer, à gérer les risques à l'intérieur et à valoriser la place de la France dans le monde (au Mali, dans le Sahel, en Ukraine et autres tables rondes concernant le terrorisme dans le monde), l'action de Hollande n'est pas clairement identifiée par ses compatriotes français. François Hollande dans l'imaginaire collectif français s'impose comme étant un Président hésitant et incapable de mettre en place une vision, une stratégie et un projet pour la France.

François Hollande voulait être un Président normal ; il a fait une erreur de diagnostic sur la pensée profonde de ses compatriotes français qui, eux, sont pour un Président monarque et républicain. Ainsi va la France et les Français, mes compatriotes, dans leurs tourments, contradictions remises en cause et adorations de ceux qui les gouvernent. Nous, Français sommes-nous capables de brûler immédiatement ceux que nous avons adorés hier, de les aduler demain sans toujours comprendre comment et pourquoi. Et si le peuple français était en recherche d'une maturité conquise mais jamais acquise ? #Président de la République