Cette fois-ci, le #Front National a définitivement décidé de réaliser un lifting en profondeur.

Principale victime de ce changement de look drastique, le fondateur, Jean Marie le Pen.

Président d'honneur depuis l'arrivée à la présidence du parti de sa fille Marine le 16 janvier 2011, il s'est souvent vu reprocher ces dernières années son langage fleuri, qui collait de moins en moins avec l'image de parti de gouvernement que voulait acquérir le FN.

Des débordements perpétuels

Déçu de s'être fait siphonné ses voix par Nicolas Sarkozy en 2007, Jean-Marie le Pen a d'abord tout fait pour "flinguer" le mari de Carla Bruni lors des Présidentielles de 2012.

À quelques jours du premier tour, il s'était amusé avec les initiales "NS" de l'ancien président de la République, qu'il a rapidement mises en relation avec le national-socialisme.

Début 2014, lorsque la guerre faisait rage entre Manuel Valls et l'humoriste Dieudonné, un drôle de cliché fait son apparition sur la toile. On y voit en effet Bruno Gollnisch, un autre "historique" du parti, en compagnie de Jean Marie le Pen, en train d'effectuer une "quenelle".

Ce geste, pointé du doigt par la Licra et d'autres associations en lutte contre l'antisémitisme, ne fera que ternir un peu plus sa réputation auprès des nouvelles têtes de gondole du Front National, telles que l'avocat Gilbert Collard ou encore l'énarque Florian Philippot, furieux de voir leur quête de "dédiabolisation" remise en question.

Bien sûr, Jean Marie le Pen ne s'est pas calmé par la suite.

En pleine épidémie du virus Ebola en Afrique de l'Ouest, il s'est permis de qualifier cette infection de "Monseigneur Ebola", soulignant ainsi le fait que l'immigration clandestine serait bientôt éradiquée grâce à la maladie.

Si les chambres à gaz sont pour lui depuis longtemps un simple "détail de l'histoire", le finaliste des élections présidentielles de 2002 s'est contredit au printemps 2014, lors de sa vidéo hebdomadaire postée sur le site du FN, dans le cadre de laquelle il attaque le chanteur juif Patrick Bruel, déclarant ainsi : "on fera une fournée la prochaine fois".

La goutte d'eau... 

Si toutes ces provocations n'ont finalement pas eu de conséquences, la récente interview de Jean-Marie Le Pen au magazine Rivarol est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.

En parlant notamment de "l'Europe blanche et boréale", ou du fait d'être dirigé par les immigrés et leurs enfants à tous les niveaux de l'administration en France, le natif de La Trinité-sur-Mer s'est mis dans une position délicate au sein de son propre camp, plus que jamais déterminé à offrir une image qui ne se résumerait pas à de la xénophobie pure et simple.

Le quintuple candidat à la Présidentielle pourrait être privé de se présenter aux élections régionales en région Paca, sous l'étiquette FN, par sa propre fille.

Entreprise familiale en train de devenir une multinationale, le Front National échappe de façon spectaculaire à son fondateur. #Marine Le Pen