Ce n'est pas un hasard du calendrier. Alors qu'Hillary Clinton a annoncé ce dimanche sa candidature à l'élection présidentielle américaine prévue en 2016, la journaliste Kate Anderson Brower, ancienne correspondante à la Maison Blanche pour Bloomberg News, vient de publier The Residence : Inside the Private World of the White House (La Résidence : dans l'univers privé de la Maison Blanche), un recueil d'anecdotes qui égratigne largement le couple présidentiel. La journaliste a recueilli une centaine de témoignages de nombreux membres du personnel de la Maison Blanche, des fleuristes, aux majordomes, en passant par les femmes de chambre. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ces derniers jettent une lumière crue sur sur Bill et sa Première Dame lorsqu'ils étaient à la tête du pays entre 1993 et 2001.


L'affaire Monica Lewinsky...


C'est évidemment le Monicagate, abordé dans un chapitre du bouquin, qui retient aujourd'hui l'attention des médias. Kate Anderson Brower livre les coulisses d'une affaire qui a fait vaciller le couple Clinton et choqué une Amérique puritaine. Le scandale de relations sexuelles entre le chef d'État américain et une stagiaire, Monica Lewinski, éclate en 1998, et fait le tour du monde. La journaliste lève le voile sur l'atmosphère qui régnait alors entre la désormais candidate démocrate et son président de mari. Une femme de chambre raconte ainsi avoir retrouvé des traces de lutte et du sang dans le lit conjugal. Bill Clinton évoque un accident, mais l'employée de la Maison Blanche affirme qu'Hillary aurait jeté un livre à la tête de son époux, par ailleurs contraint de faire chambre à part après l'affaire : "En 1998, Bill Clin­ton a dormi pendant trois ou quatre mois sur un divan qui était installé dans un petit studio au second étage. La plupart des femmes qui travaillent à la Maison Blanche pensaient qu'il n'avait que ce qu'il méri­tait", explique ainsi Kate Anderson Brower.  Trois mois au cours desquels les disputes et les insultes étaient fréquentes. #Élections #Etats-Unis


...et autres indiscrétions


Le livre de la journaliste dresse un portrait peu flatteur d'Hillary, et plus généralement du couple Clinton dont la paranoïa aurait marqué le personnel de la Maison Blanche. Un huissier au service du Président aurait ainsi été renvoyé "pour avoir aidé l'ex-Première Dame Barbara Bush" à utiliser un ordinateur. Kate Anderson Brower explique que "les Clinton, eux, ont accusé l'homme, dont ils ont vu le journal d'appels, de divulguer leurs secrets au clan Bush". Autre révélation gênante à l'heure de la candidature de la démocrate, les propos attribués à la fille Clinton, Chelsea, qui qualifiait de "porcs" sa sécurité rapprochée : "Oh, je dois y aller, les porcs sont ici" aurait-elle ainsi déclaré, avant de préciser à son garde du corps que ses parents utilisaient ce quolibet pour les désigner lui et ses acolytes. De quoi écorner la côte de popularité de l'ancienne First Lady dans sa course à la présidence. En janvier dernier déjà, Edward Klein, journaliste au New York Times décrivait dans son ouvrage Obama vs Clinton, la guerre des clans un duo digne du couple formé par Frank et Claire Underwood dans la série télévisée House of Cards : méprisant, arrogant et avide de pouvoir. Hillary aurait ainsi confié : "Pendant huit années à la Maison Blanche, nous avons apporté la paix et la prospérité. Quand je serai candidate, Bill prononcera un grand discours pour moi et en comparaison, ceux qu'il a fait pour Obama ressembleront à des discours de collégiens. C'est sur notre bilan que je m'appuierai, pas sur celui d'Obama. Et alors nous reprendrons la Maison Blanche". Le journaliste rapporte aussi une discussion qui fait froid dans le dos, entre l'ancien Commander in Chief et sa femme : "Si je meurs, porte des vêtements de deuil pour que les gens éprouvent de la compassion. Habille-toi en noir pendant une période convenable et fais de ma mort un atout", conseille Bill. "Les images à la télévision, les obsèques et la veuve en deuil seront d'une valeur inestimable. Après ma mort, les gens ne se rappelleront que de mes qualités et pardonneront mes défauts. C'est toujours le cas. Tout le monde le sait. Alors tu devras profiter de ma mort au maximum. Elle devrait te valoir quelques millions de voix".