L'exécutif ne mâche pas ses efforts afin de reconquérir l'opinion publique. Emissions télés, et déplacements en province ne suffisent plus à redresser une côte de popularité toujours en berne.

Selon les instituts de sondage, le côté de confiance des Français envers le #Président de la République ne remonte pas. Pire, après une léger mieux suite à la période post-charlie, le pensionnaire de l'Elysée a retrouvé des niveaux d'impopularité records.

En effet, 77% des Français ne souhaitent pas que François Hollande se représente à l'élection présidentielle de 2017. Plus qu'un désamour, c'est un divorce que les Français ont entamé.

Un électorat de gauche perdu

Des promesses non tenues comme la fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu, des mesures de gauche trop peu nombreuses, le mariage pour tous, ce n'est pas assez, et l'exécutif réussit à la fois à déplaire à l'opposition, et à son électorat.

Dans le même temps, le président Hollande a pris des mesures radicalement opposées à la pensée des militants socialistes. 40 milliards d'aides aux entreprises, c'est trop pour un électorat qui n'a rien d'autre à se mettre sous la dent.

Pourtant, des mesures dites de gauche pourraient être de formidables marqueurs. Le frondeur Benoît Hamon va déposer une proposition de loi instaurant la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle. A l'heure où de nombreux salariés souffrent d'épuisement au travail, cette mesure serait perçue comme un réel progrès social. Malheureusement, le lobbying du MEDEF (principale organisation patronale de France) a contraint le gouvernement à préférer une issue toute autre, puisque ce dernier va privilégier la négociation interne, et la prévention.

Un électorat de droite gonflé à bloc

Si l'exécutif est aussi impopulaire, c'est aussi parce que l'opposition a entamé sa reconstruction. Que l'on aime ou pas Nicolas Sarkozy, il faut au moins lui reconnaître le mérite d'avoir remis l'#UMP en ordre de bataille, d'en avoir refait une machine à victoires électorale.

De plus, une autre raison pour laquelle François Hollande est si bas dans les sondages est la présence d'un autre candidat présent sur le même créneau que lui, et qui a eu le temps de se refaire une virginité.

Cet homme s'appelle Alain Juppé. « Le meilleur d'entre-nous » comme le disait son ami et mentor Jacques Chirac est en passe de réussir son Paris. En effet, un sondage Odoxa pour « Le Parisien » le place à égalité avec Nicolas Sarkozy au 1er tour des primaires (39% des voix chacun).

Notons la dynamique positive d'Alain Juppé qui était encore à 35% en Avril contre 45% pour Nicolas Sarkozy, et qui s'amplifie au second tour, puisque ce dernier l'emporterait avec pas moins de 55% des suffrages.

L'ancien premier ministre a l'avantage d'être le candidat de droite qui tiendra le mieux face au FN. En effet, il est jugé moins clivant et plus rassembleur. Il réussit à concentrer autour de sa candidature une grosse partie de la droite anti-FN, mais aussi une partie de l'électorat de gauche qui semble déjà résigné à la défaite de son candidat tellement la dynamique est ailleurs.

Ce serait une formidable revanche pour celui qui a payé pour Jacques Chirac dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Lui qui aura su attendre son heure, lui qui aura été « mis au ban » de la scène nationale, avant de revenir par la grande porte.

Un destin romanesque dont les Français raffolent.