Les élections législatives Britanniques ont tourné en faveur des Conservateurs. C'est un véritable bouleversement qui secoue la Grande Bretagne aujourd'hui. Alors que l'on s'attendait à un match serré entre les Travaillistes et le parti Conservateur, suivi d'un dur choix de coalition, nos voisins Outre-Manche se sont dans une très large partie ralliés au parti sortant, faisant ainsi perdurer David Cameron au poste de Premier Ministre. Retour sur les potentielles raisons et conséquences de ces résultats. 

Les Conservateurs raflent 326 sièges

Alors que les sondages donnaient une courte avance au Parti Travailliste, le dépouillement des urnes a montré qu'encore une fois les sondages ne sont en rien des valeurs sûres. Le parti Conservateur avec David Cameron à sa tête a raflé les 326 sièges qui permettent au parti de diriger la Grande-Bretagne sans avoir à s'encombrer d'une alliance avec un parti plus ou moins éloigné de sa propre ligne politique. Ainsi, les Britanniques ont délaissé le camp Libéral démocrate qui a pourtant été associé au parti Conservateur dans le gouvernement précédent.

Pourquoi un tel revirement de situation ?

Il faut en premier lieu rappeler que, économiquement parlant, le précédent gouvernement Cameron a été exemplaire :

- Une croissance remontée à 2.8% au Royaume Uni (bien que cela provienne également en grande partie de l'Irlande) 

- Un taux de chômage passé de 8% en 2010 à 5,5% à 2014 (chômage évalué par eurostat selon les critères du BIT)

- Le déficit public est passé de plus de 10% du PIB à un peu plus de 5% en 2014 (même si cela reste toujours trop élevé aux yeux de l'Union Européenne)

Pourquoi hésiter à voter pour les Conservateur après un aussi bon bilan ? Tout simplement parce que ces chiffres sont le fruit d'une cure d'austérité qui a coupé beaucoup d'aides et imposé aux ménages britanniques des sacrifices pendant 4 ans.

Par ailleurs, le fait est que si les Conservateurs avaient dans le parti Libéral démocrate un partenaire plutôt proche pour une coalition, les Travaillistes, eux, étaient beaucoup plus isolés pour former une alliance solide. Autrement dit, il est possible que les Britanniques aient senti que voter pour le Labour amenerait surement à un gouvernement très frictionnel (car ils n'ont aucun allié partageant les mêmes idées à qui se rallier) et que dans cette optique, il valait mieux voter pour les Conservateurs, sans pour autant se douter que ces derniers obtiendraient une majorité absolue.

Rappelons aussi que David Cameron a eu l'intelligence de voler des électeurs à l'UKIP (parti hostile à l'Europe) en annonçant qu'il organiserait, en cas de réélection, un référendum pour sortir de l'Europe. Ce stratagème a sans doute aidé un peu plus les Conservateurs à asseoir leur domination à Westminster.

Des démissions en chaîne

Ed Miliband, meneur du parti Travailliste, a décidé, suite à l'échec cuisant de son parti, de démissionner. En effet, selon les projections, le Labour aurait obtenu 100 sièges de moins que son rival conservateur, situation inconnue depuis 1987, période ou Thatcher menait la Grande Bretagne d'une main de fer. 
En Ecosse, pays habituellement propice au parti Travailliste, le SNP a tout balayé leur prenant 40 des 41 sièges tenus jusqu'alors. 
En Angleterre le bilan fait état d'une timide avancée avec seulement 15 sièges de plus par rappport à 2010. La tête du parti Travailliste a clairement sacrifié un poste qui lui tendait les bras après avoir déclaré qu'il ne s'allierait jamais avec le SNP et préfererait perdre plutôt que scinder son pays. Une alliance avec le SNP lui aurait sans nul doute garanti la majorité au Parlement mais aurait créé des distorsions dans le gouvernement, tant leurs objectifs sont différents.

Nigel Farage, leader du parti europhobe a également démissionné. En effet, le meneur du parti d'extrême droite avait annoncé qu'il se désengagerait si son parti ne parvenait pas à rentrer au parlement de Westminster. Surement gonflé par les forts résultats de son parti aux élections législatives européennes, le dirigeant a sans doute fait cette déclaration par un excès de confiance. Son parti est battu dans sa propre circonscription par le parti Conservateur

Nick Clegg a pris sa démission après l'échec qu'on pourrait juger comme le plus lourd de ces élections. Son parti ne gagne que 8 sièges et en perd donc 48 sur le précédent gouvernement. On peut estimer que c'est le parti Libéral-Démocrate qui a payé les revers de la politique d'austérité engagé par la coalition du gouvernement précédent.

Le SNP plus fort que jamais

Nicola Sturgeon a de quoi avoir le sourire en ce vendredi 8 mai. En effet, son parti rafle la mise et s'offre 56 des 59 sièges écossais. Un carton plein pour le parti qui n'a cessé de monter depuis le "Non" au référendum sur l'indépendance de l'Ecosse. Mhairi Black âgée de seulement 20 ans décroche grâce au parti le record de la plus jeune parlementaire depuis 1667. Reste à savoir si le SNP parviendra à faire entendre efficacement la voix de l'Ecosse tant les Conservateurs vont être puissants dans ce nouveau gouvernement.

A quoi s'attendre maintenant ?

David Cameron avait clairement annoncé que sa ligne politique ne changerait pas en cas de réélection. Le secteur privé sera toujours aidé et l'austérité perdurera pour les ménages. Néanmoins, les nuages semblent se dissiper pour l'Europe en matière d'économie et l'on peut penser que le plus dur est passé pour les ménages britanniques.  #Élections

Le véritable rendez-vous qui attend maintenant le Premier Ministre pour son second mandat n'est autre que le référendum sur l'Europe qui décidera si oui ou non les Britanniques souhaitent rester dans l'Union Européenne. Ce référendum est une contrainte pour l'homme qui entretenait de bonnes relations avec la chancelière Allemande tant leurs visions de sortie de crise se ressemblent. Par ailleurs, la Grande Bretagne devrait alors se passer de la zone de libre échange qui lui est très profitable jusqu'à présent en matière de commerce.