Le tapis rouge à New York, c'est terminé ! Depuis son retour, #Marine Le Pen se voit contrainte d'enfiler son habit de pompier de service afin d'éteindre les feux provoqués par son père. À tel point que Jean-Marie Le Pen vient d'être suspendu par le Bureau exécutif du Front national, lundi à 22 heures. Dans la foulée, Marion-Maréchal Le Pen émet de sérieux doutes quant à sa candidature aux élections régionales en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Souhaitant réagir au tremblement de terre qui secoue le FN, l'ami proche Robert Ménard lâche qu'il fiche des élèves selon leur prénom. Avec tout ce grabuge, Bruno Gollnisch va devoir multiplier les coups de parapluie sur les journalistes.

Le moment est donc idéal pour jouer aux 7 familles. Vous savez, ce jeu de cartes populaire dont le but est de regrouper le plus grand nombre de familles. Alors asseyons-nous autour d'une table de ce pas et partons à la recherche des six cartes de la famille FN.

Dans la famille FN, je veux... le père

Jean-Marie, le patriarche, a dessiné les principaux traits du #Front National d'aujourd'hui. À coup de provocations en chaîne et de propos polémiques, il a montré la voie à sa famille. Alors, quand Jean-Marie voit sa fille Marine le mettre à l'écart de sa propre oeuvre, ça le rend quelque peu fébrile. « J'ai honte que la présidente du Front national porte mon nom et je souhaiterais d'ailleurs qu'elle le perde le plus rapidement possible, lance-t-il un brin rancunier. Elle peut le faire soit en se mariant avec son concubin, soit peut-être avec M. Philippot ou avec quelqu'un d'autre. Je ne souhaite pas que la présidente du Front national s'appelle Le Pen. » Persuadé que les autres membres de la famille FN lui ont tendu un piège, Jean-Marie Le Pen ne compte pas en rester là. « Je sais qu'elle est entourée d'un certain nombre de gens qui sont des socialo-gaullistes, murmure le père. Qui sont des gens d'origines diverses et qui ne sont pas dans l'esprit qui a présidé à la vie du Front national pendant 40 ans. »

... la fille

Marine a littéralement et politiquement « tué le père. » Il faut dire que le papa, nostalgique du maréchal Pétain et du « monde blanc », ne cesse de lui savonner la planche alors même que la présidentielle approche à grands pas. « Je ne suis pas une adepte du conflit, mais les derniers actes de Jean-Marie Le Pen sont inadmissibles, a affirmé la présidente du Front national. Nous devons préserver le FN des propos inadmissibles de Jean-Marie Le Pen. Ses propos ne doivent pas engager le mouvement. » Un mouvement pas si mal à l'aise que ça au vu d'un 1er mai où journalistes et Femen ont goûté à la violence des partisans du parti. Soucieuse de dédiaboliser la famille FN, Marine Le Pen est contrainte de laver son linge sale et médiatique en famille. Mais les tâches sont incrustées.

... la nièce

Marion Maréchal-Le Pen se retrouve dans une position délicate. Petite préférée de Jean-Marie et nièce de Marine, l'étoile montante du Front national était vouée à remplacer son grand-père en région PACA. Mais ce n'est plus aussi simple que cela. « Je ne crains pas le conflit politique et ce n'est pas une question de motivation, affirme-t-elle. Mais je me retrouve dans une situation personnelle délicate. Compte tenu de l'ambiance du bureau politique et de l'aggravation du conflit, je ne voudrais pas que tout cela puisse nuire, d'une manière ou d'une autre à la candidature en Paca. » Finalement, l'enfant prodigue pourrait donc renoncer à la course aux régionales.

... le gendre

Compagnon de Marine Le Pen et vice-président du Front national, Louis Aliot est l'une des premières cibles de Jean-Marie Le Pen. « Il est gentil mais pas toujours très fin », avait asséné ce dernier sur Paris Match en juin 2014. L'Express dit même que « Tonton Louis, comme certains le nomment dans la famille, a toujours eu du mal avec celui qui ne l'a jamais officiellement considéré comme son gendre. » Dans le genre « petits complots en famille », Florian Philippot n'est pas mal non plus! Il serait celui qui aurait orchestré la sortie de Jean-Marie Le Pen. Affirmant n'avoir jamais voté pour lui, le bras droit de Marine Le Pen atteint habilement son but.

... le tonton flingueur

Il était l'une des stars du défilé du 1er mai. Bruno Gollnisch, dinosaure de l'extrême-droite, a laissé ressurgir ses vieux démons pour attaquer des journalistes du Petit Journal (Canal +) entre tirages de langue et coups de parapluie. « Le service d'ordre du FN a demandé à Gollnisch de se calmer, explique le présentateur Yann Barthès. Sur les 30 mètres qui séparent le carré VIP du cordon de sécurité de CRS, mon équipe a été tabassée par des militants. » Du coup, le voilà légitime pour évoquer la crise qui couve au FN et demander une « clarification sur la ligne du parti. » « Parce que Jean-Marie Le Pen a été sanctionné pour avoir donné une interview à un journal confidentiel dans laquelle il répète ce qu'il avait déjà dit avant, estime-t-il. Et on nous dit que cela est contraire aux valeurs du parti. Je me demande ce qui a changé. Je me demande donc si la ligne du parti a changé. Pour l'instant, je n'ai pas de réponse. Cela pourrait être l'occasion d'un congrès pour réfléchir à cette question. »

... l'ami infréquentable

Il n'est pas du Front national mais il en est proche. Robert Ménard, maire de Béziers, a eu l'étrange idée de dévoiler l'une de ses actions qui, en plus d'être polémique, est illégale. C'était dans l'émission Mots croisés sur France 2, lundi soir. On lui demande comment il pouvait évaluer la proportion de musulmans parmi les écoliers de sa ville. Et là... Attention, réponse déconseillée à un public non averti. « Ce sont les chiffres de ma mairie, explique-t-il. Pardon de vous dire que le maire a les noms, classe par classe, des enfants. Je sais que je n'ai pas le droit mais on le fait. Les prénoms disent les confessions. Dire l'inverse, c'est nier une évidence.»

Les membres de la famille FN enfin réunis (façon de parler), notre petit jeu est terminé. Mais pas sûr que nous ayons gagné.