Christian Estrosi fait parler de lui, et ce n'est pas la première fois. Le maire de Nice (#UMP), interrogé sur iTélé le lendemain de la relaxe des deux policiers mis en cause dans la mort de Zyed et Bouna, a explicitement dit que les deux jeunes hommes étaient des "délinquants", des propos quelque peu extrêmes.

Allant même jusqu'à dire: "Les familles doivent éduquer leurs enfants et faire en sorte qu'ils ne deviennent pas des délinquants. Malheureusement, les choses se sont terminées tristement, avec la disparition d'un enfant, et je comprends la tristesse de la famille". Et d'ajouter: "Mais en même temps, si l'Etat, de droite ou de gauche, fait son devoir pour que nous fassions disparaître ces cités de non-droit et qu'il y ait dans notre pays une éducation qui ne conduise pas à des comportements du genre, on évitera tout simplement ces drames".

Des propos qui choquent

De telles paroles ont suscité l'indignation et les critiques d'un bon nombre de personnes. En outre, elles paraissent aberrantes, d'autant plus lorsque l'on se rappelle des faits survenus en 2005. Le journaliste a donc répliqué en affirmant qu'aucune preuve ne soutenait que les garçons étaient des délinquants. Ce à quoi Estrosi a répondu: "Mais de quoi parlez-vous donc? Ils étaient bel et bien en excès de vitesse!".

En réalité, Bouna Traoré et Zyed Benna tentaient d'échapper à la police, à pieds, alors qu'ils n'avaient commis aucune infraction. Il semblerait donc que le maire ait confondu ce cas ici présent avec une affaire remontant à 2007 dans laquelle deux adolescents sont décédés des suites d'une collision avec un véhicule de la police. Ils circulaient effectivement sur une moto, sans éclairage, sans casques sur leurs têtes, et à une vitesse supérieure à celle autorisée.

Rappel des faits

En 2005, Bouna Traoré, âgé de 15 ans, et Zyed Benna, âgé de 17 ans, ont pénétré un site EDF alors qu'ils voulaient fuir un contrôle de police. Les faits se sont produits le 27 octobre à Clichy-sous-Bois. S'étant réfugiés dans un local en béton abritant un transformateur (un dispositif extrêmement dangereux), les deux jeunes hommes sont décédés électrocutés. Un troisième garçon a, quant à lui, survécu, mais a été brûlé sur 10% de son corps.

Le tribunal de Rennes a rendu son jugement le lundi 18 mai. Après 10 ans de suspense, les deux policiers poursuivis pour non-assistance à personne en danger ont été reconnus non coupables. Ils avaient en effet été accusés de ne pas avoir porté secours aux jeunes alors qu'ils connaissaient le danger de la zone.

Cette affaire avait fait grand bruit à l'époque, et suscité des émeutes dans les banlieues françaises durant trois semaines. Les proches des victimes se disent cependant mécontents du verdict prononcé par le tribunal, et ont appelé à former divers rassemblements. #Justice