Elu en mars 2014 avec le soutien du #Front National, Robert Ménard était lundi soir sur le plateau de l'émission « Mots croisés » sur France 2. En plein débat sur l'immigration aux côtés notamment de Clémentine Autain (Front de gauche) et Rama Yade (UDI), le maire de Béziers lâche sans sourciller « Mettriez-vous vos enfants dans une école chez moi où il y a 88% d'enfants musulmans ? » Un pourcentage qui a fait bondir les internautes qui demandent alors des explications en direct, via les réseaux sociaux. Et Robert Ménard d'avouer : "Le maire a, classe par classe, les noms des enfants. Je sais que je n'ai pas le droit de le faire. Mais pardon de vous dire que les prénoms disent les confessions." Une information choc qui fait aussitôt le tour du web et enflamme les réseaux. Mais le maire de Béziers n'en est pas à sa première polémique. 

Robert Ménard, la stratégie de la polémique

Depuis son élection en mars 2014, Robert Ménard ne se prive pas, chaque nouvelle polémique en amenant une autre. Son acharnement brutal et sans fard fait régulièrement la Une des médias. Après la crèche installée au coeur de la Mairie, la campagne d'affichage "Désormais, la police municipale a un nouvel ami", ses déclarations sur la viande Halal dans les cantines scolaires en février dernier avaient fait le buzz, créant une polémique tout à fait inutile puisque c'était un faux sujet: les repas de substitution à la viande de porc existant déjà dans les écoles. Quelques semaines plus tard, il revient à la charge et débaptise la rue du 19 mars 1962 de Béziers pour lui donner le nom du Commandant Elie Denoix de Saint-Marc, ancien membre du putsch des Généraux qui tentèrent de sauver l'Algérie française en s'opposant au Général de Gaulle. Une décision censée lutter contre ce qu'il appelle alors "le révisionnisme historique".

"Pour savoir" et "pour agir"... 

Invité sur le plateau de BFMTV aujourd'hui, le maire de Béziers persiste et signe: "Il y a tout un tas de pays où il y a de statistiques ethniques et ils ne sont pas moins démocratiques, pas moins républicains que les autres !". Quand on lui demande à quoi pourrait bien servir ce fichage illégal des enfants, il répond sans sourciller: "Pour savoir", n'oubliant pas d'ajouter "Et pour agir". 

Mais cette fois-ci, il semblerait que Robert Ménard soit allé trop loin pour que le gouvernement ne prenne position.

Manuel Valls: "Honte au maire de Béziers"

C'est sur Twitter que le Premier ministre s'est indigné en twittant sur son compte un virulent "Honte au maire de Béziers". Plus tard, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale s'indigne, rappelant que le "fichage est illégal", accusant le côté "anti-républicain" de la démarche. A Gauche comme à Droite, les voix s'élèvent. Quelques heures plus tard, le procureur de la République de Béziers Yvon Calvet a annoncé sa décision d'ouvrir une enquête à l'encontre du maire Frontiste. Un rappel à l'ordre qui n'arrêtera probablement pas la vague Bleue Marine qui submerge la ville de Béziers.