Alors que l'ancien président et son entourage se voulaient confiants vis-à-vis de la procédure ouverte depuis juillet 2014, #Nicolas Sarkozy reste mis en examen pour "corruption active", "trafic d'influence" et "recel de violation du secret professionnel" après la validation des écoutes téléphoniques par la Cour d'appel. Sarkozy et son avocat ont d'ores et déjà lancé un pourvoi en cassation. La Cour de cassation, dernière juridiction compétente en France, pourrait rendre sa décision dès le mois de juin si la demande d'examen se fait en urgence.

Les faits reprochés: un échange de bons procédés?

L'ancien chef de l'État est soupçonné d'avoir sollicité en 2014, par le biais de son avocat, l'aide d'un haut magistrat, Gilbert Azibert, afin que celui-ci intervienne dans plusieurs de ses affaires (dont celle de Bettencourt). En effet, ce dernier aurait été influencé pour obtenir des informations sur les décisions et intervenir comme le prouve les conversations entre Sarkozy et son avocat : "Il a eu accès à l'avis qui ne sera jamais publié (...). Cet avis conclut au retrait de toutes les mentions relatives à tes agendas". Ou bien encore, "il avait rendez-vous avec un des conseillers pour bien lui expliquer ce qu'il faudrait... Il me dit "Tu peux dire au président que je suis optimiste..." Je lui ai dit qu'après tu le recevrais".

En réponse au "coup de main" du haut magistrat, l'ancien chef de l'État devait l'aider dans son ascension: "Moi, je le fais monter!". Sarkozy devait intervenir, lors d'une visite à Monaco, en faveur de M. Azibert afin qu'il puisse briguer un poste de prestige au sein de la principauté.

Finalement, aucune des deux parties n'a obtenu gain de cause sûrement parce qu'ils ont su que leurs mobiles non-officiels étaient aussi placés sur écoute. Bien qu'une conversation entre l'avocat de Nicolas Sarkozy et le haut magistrat prétendrait que "la démarche à Monaco a été faite".

Les écoutes: "C'est scandaleux!"

Le dossier des "écoutes" est construit essentiellement de conversations enregistrées dans le cadre des accusations de financement libyen lors de la campagne présidentielle de 2007. C'est pour cette raison principalement que l'ancien président avait été placé sur écoute par la justice.

L'ex-chef de l'État voit dans ces écoutes, une forme de complot politique et un acharnement de la part des magistrats, "comme un filet qu'on lance à la mer, espérant me piéger" avait-il déclaré lors de sa garde à vue.

Le porte-parole de l'#UMP, Sébastien Huyghe, dénonçait lui aussi jeudi une "justice spectacle" instrumentalisée.

Cependant, une question demeure: pourquoi Nicolas Sarkozy utilisait-il une ligne téléphonique sous le nom d'emprunt Paul Bismuth si ce n'est que pour échafauder le "plan" avec son avocat?

Face à la multitude d'affaires qui gravitent autour de sa personne, Nicolas Sarkozy risque tout de même la correctionnelle pour cette tentative de corruption d'un haut magistrat. C'est l'épée de Damoclès de celui qui semble être pour l'instant le candidat à la présidence à droite pour 2017.