L'Oréal a beau contrôler le monde grâce à son emprise sur l'industrie cosmétique, l'entreprise française n'en est pas moins une des plus exposées aux scandales. La récente affaire Bettencourt n'est pas la première, et encore moins la dernière. Cet univers très glamour qui séduit des millions de consommateurs depuis des décennies cache un sombre passé. Peu le savent, mais L'Oréal est étroitement lié à la collaboration, son fondateur travaillant pour l'Allemagne nazie au sein même de la capitale française, et ce, pendant des années. Incroyable à imaginer ? Revenons sur les faits.

Créée au début du siècle dernier en 1907, la jeune compagnie L'Oréal fait office de révolution sur le marché de la cosmétique. Dirigée par Eugène Schueller, l'entreprise est basée à Paris et remporte un franc succès grâce à ses shampoings et gels douche innovants. Mais c'est surtout dans la politique que Schueller va baigner, et plus particulièrement dans les idées d'extrême-droite véhiculées depuis un petit temps dans les hauts lieux parisiens. Au point que l'homme financera et participera activement à l'association tristement célèbre sous le nom de « La Cagoule » ou l'OSARN, groupe ouvertement fasciste sous l'occupation. Il lui prêtera même les bureaux de L'Oréal, afin que les réunions soient les plus discrètes possibles, dans un Paris divisé entre les collaborateurs et les résistants. C'est alors qu'il fait la rencontre d'André Bettencourt, futur mari de Liliane, sa fille unique, et de son ami, un certain… François Mittérand.

La bande est ouvertement fasciste, antisémite et prompte à se répandre en propos nazis dans diverses publications extrémistes comme « La Terre française ». André Bettencourt est même promu chef de la Propaganda Staffel, sous les ordres directs de Joseph Goebbels, ministre de la propagande sous le Troisième Reich. Mais Bettencourt et Schueller ne sont pas naïfs : dès 1942, ils sentent le vent tourner et la victoire des Alliés possible. Ils décident alors de jouer un double jeu : fascistes le jour, résistants la nuit. De sorte qu'à la Libération, les juges n'auront d'autres choix que de les absoudre de tout soupçon de collaboration, puisqu'ils auront protégé leurs employés juifs et supporté, du moins un temps, la résistance.

De quoi oublier à tout jamais le passé sombre de L'Oréal ? Pas vraiment, puisque ces faits ont été révélés au grand public dans les années 80 et exposés dans de nombreux ouvrages et travaux sur la collaboration depuis lors. Mais qui est pourtant au courant des activités du fondateur de la marque ? Ses relations politiques, notamment avec un ancien président de la République, auraient-elles aidé à ce que ce genre de mauvaise presse soit étouffée ? La question peut être posée. #Justice #Antisémitisme