Pour comprendre ce qu’il se passe chez les Républicains, nouveau Parti de Droite depuis le 30 mai 2015, il faut revenir à deux moments importants liés à la naissance de ce mouvement : les discours des ténors de l’ex-UMP à la Villette et le passage d’Alain Juppé ce dimanche 31 mai 2015 à l’émission Grand Rendez-Vous iTELE / Europe 1 / Le Monde.

Alain Juppé pense que la France a besoin d’apaisement alors que le discours de Nicolas Sarkozy à La Villette a été brutal et quasiment hystérique. Au cours de l’émission de télévision, Juppé estime, sans le nommer, que Sarkozy a utilisé un vocabulaire excessif qui fait monter la pression et qui attaque les personnes. Ce n’est pas sa méthode et encore moins sa façon de faire de la politique. Juppé, droit dans ses bottes, admet que Nicolas Sarkozy a conquis le Parti et les militants Républicains, alors que lui estime qu’il a l’opinion, la Nation et donc la République.

On voit progressivement se dessiner dans la campagne des Primaires qui s’annonce à Droite les thèmes de Sarkozy qui mettent l’accent sur la République de confiance alors que Juppé insiste sur la Nation solidaire et le lien social à consolider. Alain Juppé estime, à propos de la question de la laïcité, que l’Islam n’a pas fait sur aggiornamento et que cette religion doit, au nom du respect de la laïcité, se soumettre à la loi républicaine, comme l’ont fait avant elle les religions chrétienne et judaïque. Au nom de la laïcité, Alain Juppé réaffirme les garanties de protection que la République apporte à tous les citoyens, en matière de pratique religieuse de leur choix et de leurs habitudes alimentaires. Sans le dire, il construit un modèle d’intégration social différent de celui de Sarkozy qui insiste beaucoup plus sur l’assimilation et sur le principe qu’au nom du plat unique, le porc ne soit plus servi dans les cantines scolaires de la République.

Le discours de Nicolas Sarkozy n’est pas toujours très clair concernant le principe du porc servi ou non dans les cantines scolaires. Il y a d’autres contradictions que l’on retrouve dans les discours de Sarkozy lorsqu’il était Président, comme ceux relatifs à la discrimination positive ou à la nomination de Préfets musulmans. Sarkozy a progressivement abandonné le concept de discrimination positive qui n’avait pas d’épaisseur républicaine.

La confrontation entre Juppé et Sarkozy est en marche. Fillon, malheureusement, n’est plus audible. Alain Juppé organise, comme il le dit lui-même, sa petite PME face à l’armada sarkozyste qui contrôle le Parti. Juppé estime que son désavantage du moment se transformera en pépite d’or grâce à ses trois ou quatre livres qu’il va écrire d’ici à 2017 pour expliquer sa position et son action future. Juppé fonde sa démarche sur une différence fondamentale entre Sarkozy et lui : il s’estime plus intellectuel que Sarkozy alors que l’ancien Président est plus dans une approche d’action et de pétition.

Juppé a averti : les conditions d’organisation des Primaires doivent être claires. L’électorat de ces Primaires doit s’étendre à tous les militants et sympathisants de Droite qui auront signé une charte reconnaissant la nécessité de l’alternance à la Gauche et l’acceptation des valeurs de Droite. L’électorat ne peut se résumer aux simples militants des Républicains. Si c’était le cas, il en tirerait les conséquences politiques et, sans être grand clair, on peut penser qu’il se présenterait à l’élection présidentielle pour faire prévaloir ses idées d’apaisement et de consolidation du lien social français qui mélange de façon réelle République et Nation.  #Président de la République