Demain, jeudi 7 mai, tomberont les résultats des élections législatives Britanniques. Les sondages donnent depuis plusieurs mois maintenant une égalité de voix entre les deux plus grands partis du pays. D'une part le Parti Conservateur (Conservative Party) avec David Cameron en lice pour prolonger son mandat de premier ministre et d'autre part le Parti Travailliste (Labour Party) qui tentera de faire accéder Ed Miliband au plus prestigieux poste du #Gouvernement Britannique.

Ainsi, cela fait désormais plusieurs mois que les deux grandes forces du pays sont au coude à coude dans les sondages (à hauteur de 33% des voix chacun). On estime désormais qu'aucun des deux partis ne parviendra à arracher une majorité absolue (ou autrement dit 326 sièges) à l'assemblée et donc le droit de gouverner sans s'allier à un autre parti. Dès lors intervient le jeu plus ou moins apprécié des alliances entre partis et les stratégies politiques qui s'y rattachent.

La Grande Bretagne dispose aujourd'hui de trois partis que l'on pourrait qualifier, sans aucune connotation négative, de seconde zone (ceux de première zone étant le Parti Conservateur et le Parti Travailliste). D'après les instituts de sondages les rapports de forces, en terme de voix seraient les suivants : Parti Travailliste 34% , Parti Conservateur 32% , UKIP (parti à tendance nationaliste hostile à l'Europe, se rapprochant plus ou moins de la ligne du Front National en France) 13 % , Parti Libéral- Démocrate (dont le leader est actuellement allié à David Cameron) 8 % et SNP (Scottish National Party, Parti indépendantiste écossais plutôt hostile à la main mise des Anglais sur le contrôle de la vie politique Britannique, voire franchement hostile à la Grande Bretagne) moins de 5%.

Cela étant dis, la "puissance" en terme de voix n'est pas synonyme d'atout dans les élections législatives britanniques. Les citoyens Britanniques votent pour un député qui représentera leur circonscription à la Chambre des Communes (pour être très rapide : l'équivalent de l'Assemblée Nationale en France). Si l'UKIP est largement supérieur au SNP en terme de voix en Grande Bretagne, les électeurs du parti sont répartis un peu partout sur la vaste île ce qui est moins le cas pour le SNP. En effet, alors que les partisans de l'UKIP seront noyés par les grands partis dans les circonscriptions anglaises (et n'obtiendront alors que peu voire pas de sièges), les électeurs du SNP sont, on l'imagine, majoritairement résidents en Ecosse et auront plus de chances d'arracher des circonscriptions et donc de précieux sièges. Ainsi, le parti qui se verra allié avec le SNP pourra sans doute miser sur une victoire en Ecosse, là ou les victoires de l'UKIP sont plus incertaines.

Les Conservateurs avaient déja émis leurs réticences à s'allier avec le SNP voyant dans ce parti une volonté de détruire la Grande-Bretagne, Les Travaillistes ont suivi la même ligne dans un communiqué de Miliband jeudi dernier lors d'un débat sur la BBC.

On peut se douter que les Conservateurs rééditerons une alliance avec les Liberaux-Démocrates si besoin est. La position la plus délicate est donc celle du Parti Travailliste. Si jamais celui-ci gagne les élections avec une trop courte avance, il sera obligé de former une coalition avec un parti opposé à sa ligne politique pour rester majoritaire.

Néanmoins, durant le débat sur la BBC, Ed Miliband a déclaré préférer laisser les Conservateurs arriver au pouvoir plutôt que de gouverner avec le SPN et "risquer l'unité du pays". En guise de réponse Nicola Sturgeon, dirigeante du SNP, a annoncé que l'Ecosse ne pardonnerait sans doute jamais au Labour s'ils laissaient arbitrairement les Conservateurs retourner au pouvoir. #Démocratie

Entre stratégies et alliances, les élections de nos voisins Britanniques nous réservent encore une journée de suspens, de nombreux rebondissements et sans doute de nombreux revirements