Pour comprendre l'ambiguïté qui structure l'action de #François Hollande, il faut remonter à son enfance, son adolescence, ses études supérieures et sa vie politique. Né d'un père médecin proche des idées du Front National, et d'une mère assistante sociale socialiste, François Hollande a réussi à faire la synthèse entre des idées antinomiques pour construire sa carrière d'étudiant et d'homme politique.

On a toujours dit de lui, quand il était premier Secrétaire du Parti Socialiste, qu'il est l'homme des compromis et des synthèses. Il suffit, pour le lecteur, de remonter à l'enfance de l'actuel Président pour voir comment il a réussi la synthèse entre deux parents que tout éloignait au niveau des idées et que tout rapprochait au niveau affectif et amoureux. C'est son projet pour la France qui préfère la rupture idéologique à l'entente et au compromis malgré les différences. La notion d'unité en France est plus émotionnelle, symbolique, théorique que réellement concrète.

C'est cette France de l'ambiguïté, et finalement de la normalité, que Hollande a voulu incarner, pudique, réservé mais brillant intellectuellement et sûr de sa force intellectuelle comme l'attestent son CV et ses réussites à Sciences Po, HEC et l'ENA,

En devenant Président, Hollande a voulu réincarner la « normalité familiale » mais qui, non expliquée aux Français, est apparue comme ambigüe, anormale et donc hésitante. Mes compatriotes français sont hâbleurs, grandiloquents, bavards et démonstrateurs, ce qui n'est pas le cas du Président Français. Il y a donc une incompréhension, on le reconnait pragmatique et efficace à l'extérieur mais hésitant à l'intérieur, incapable de conduire la France vers des lendemains heureux en termes de croissance économique et de lutte effective contre le chômage.

La vérité est autre. François Hollande a fait des réformes (pacte de responsabilité, CICE, Loi Macron, Dialogue social) après avoir perdu deux ans d'atermoiements et d'hésitations. La croissance est faiblement de retour et on attend qu'elle apporte de l'eau au moulin du Président qui, imprudemment, avait dit qu'elle conditionnait sa présence à l'élection de 2017. Sûr de sa force intellectuelle, le Président doit comprendre que ce n'est pas le Président qui crée des emplois mais des entreprises, à la condition que ce même gouvernement dessine de manière stratégique la carte des réformes et des projets qui constitue un signal d'encouragement aux entreprises.

Il faudra attendre les années de mandats à venir et la conférence sur le climat organisée en France en novembre-décembre 2015 pour juger de l'efficacité de l'action intérieure du Président de la République.

Au plan extérieur, l'autre face du « Janus français » est marquée par le pragmatisme et la vitalité de son action extérieure. Sur le plan des affaires étrangères, la France de François Hollande est visible. C'est vrai avec l'opération Serval au Mali, c'est le cas en République centrafricaine avec l'opération Sangaris (rebaptisée depuis force Barkhane). François Hollande n'a pas été suivi par la communauté internationale vis-à-vis de la Syrie, mais il a été reçu de manière extraordinaire par le conseil de coopération du Golfe (Arabie Saoudite).

Il vient de terminer une tournée spectaculaire aux Antilles avec inauguration du Mémorial ACTe pour l'esclavage à Pointe à Pitre. Il s'est rendu à Cuba pour renforcer les liens entre Cuba et la France, il a rencontré Fidel Castro (même si cette rencontre, de manière hypocrite, a soulevé des faux-débats en France pour savoir s'il fallait ou non serrer la main à Fidel Castro). A Aix la Chapelle en Allemagne, il a remis le prix Charlemagne au Président du Parlement européen, tout en traitant de la question ukrainienne.

Voilà François Hollande, Janus, pragmatique à l'extérieur, hésitant et incompris en France.