Ce 10 mai est jour de célébration de la reconnaissance de l'ignominie et de la barbarie dont ont été victimes les Noirs déportés d'Afrique et devenus esclaves dans toutes les Caraïbes. Ces Noirs, considérés comme des biens mobiliers par le code noir, pouvaient être vendus et échangés comme n'importe quelle marchandise. D'ailleurs le commerce des Noirs a fait les beaux jours de pays comme la France (3ème pays commerçant après l'Angleterre et le Portugal). Ce commerce, qui a commencé à la fin du 15ième siècle, s'est prolongé jusqu'au 19ième siècle avec l'abolition en avril 1848 par Victor Schoelcher.

En inaugurant en Guadeloupe (Pointe à Pitre) le plus grand mémorial au monde pour la reconnaissance de l'#Esclavage, en tenant un discours sur la mémoire non vindicative et non repentante, #François Hollande, Président de la France, a clos le débat français sur la question des réparations. En invitant une trentaine de chefs d'Etat des Caraïbes et d'Afrique, la France par la voix de François Hollande a pris à témoin la communauté internationale concernant un débat qui, finalement, n'a jamais réellement intéressé les descendants d'esclaves.

La question des réparations divise les communautés noires d'Afrique, des Caraïbes et d'Amérique. Même si le génocide juif est différent de la barbarie esclavagiste, il faut féliciter l'opinion juive, ses historiens, ses lobbyistes sur leur capacité de mobilisation qui continue et qui a obligé un pays comme l'Allemagne à accepter les réparations financières. Dans les communautés noires, rien de tel. Certains membres de cette communauté vont jusqu'à reconnaitre les bienfaits de l'esclavage et de la colonisation au nom des valeurs occidentales importées (évangélisation, etc.), d'autres, comme le syndicaliste guadeloupéen Elie Domata, estiment que la construction d'un mémorial n'est que poudre aux yeux, un peu comme un sucre que l'on donne à un enfant pour qu'il se taise. Il va plus loin en exigeant des réparations car il s'appuie sur l'histoire : en 1849 les maîtres esclavagistes aux Antilles ont été indemnisés alors que les esclaves antillais eux, en récompense, n'ont reçu que la citoyenneté.

Les communautés noires doivent reprendre un travail intellectuel, concret, réel et sortir des lamentos et des constats traditionnels pour organiser un véritable travail d'histoire qui, un jour, permettra de rouvrir la question dérangeante des réparations concernant la barbarie dont les Noirs ont été victimes pendant l'esclavage.