Nouvelle victoire pour Nicolas Sarkozy. Le tribunal des référés de Paris a rejeté, ce mardi, la question de constitutionnalité posée par l'Union pour un Mouvement Populaire (#UMP). Concrètement, la justice française a autorisé le parti, présidé par l'ancien président de la République, à être rebaptisé « Les Républicains ». Elle a donc débouté la centaine de requérants qui s'opposaient à l'utilisation de ce nom.

La semaine dernière, quatre associations et partis de gauche ainsi que 143 particuliers avaient saisi la justice en urgence, considérant que le nom « Les Républicains » serait une « appropriation du bien commun » par l'UMP. Finalement, le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris considère que « le trouble manifestement illicite et le dommage imminent » supposément causés par le changement de nom du parti de droite n'ont pas été démontrés.

« Le tribunal a reconnu la liberté »

Pour Daniel Fasquelle, député et trésorier de l'UMP, le verdict n'a rien de surprenant : « C'est une bonne nouvelle, mais pas tellement pour l'UMP. C'est surtout une bonne nouvelle pour la République. C'est la liberté qui a été reconnue par le tribunal, la liberté pour un parti politique de choisir son nom et de s'organiser comme il l'entend ». Et d'ajouter : « Je suis heureux de voir que les juges ont tranché en ce sens et en faveur de la liberté des partis politiques de pouvoir s'organiser. Je suis heureux de voir que les juges ont mis fin à ce qui, pour moi, était une manoeuvre politicienne. On a bien compris que le seul but des plaideurs, c'était d'essayer de troubler l'organisation du congrès et des votes qui devaient précéder ce congrès ».

Les plaignants, eux, ne comptent pas en rester là. Christophe Lèguevaques, leur avocat, a immédiatement déclaré : « Nous allons très probablement faire appel ». Les requérants considèrent en effet que le nouveau nom choisi par l'UMP est un « dénigrement indirect » des autres formations politiques. « En faisant le choix du nom "LES Républicains" et non pas "Rassemblement républicain" ou "Parti républicain", l'UMP compte en effet sciemment distiller un sous-entendu inacceptable : que les autres partis ou les citoyens non sympathisants de l'UMP ne seraient, eux, pas républicains », explique Olivier Faure, porte-parole du Parti socialiste, dans une interview accordée à Blasting News.

Si l'un des plaignants fait appel, l'utilisation du nom pourrait n'être que provisoire. Si une procédure d'appel en urgence est peu probable, une action de fonds pourrait être engagée. Elle prendrait alors plusieurs mois avant d'être étudiée.

Les dernières heures de l'UMP

Pour que le nom « Les Républicains » chasse celui de l' « Union pour un Mouvement Populaire », les militants doivent passer au vote jeudi et vendredi. Si la majorité d'entre eux approuvent ce nouveau nom, il pourra être entériné dès samedi 31 mai, lors du congrès refondateur du parti. Au total, près de 20 000 personnes sont attendues, dans la Grande halle de La Villette à Paris.

« Le parti va avoir un nouveau nom mais surtout un nouveau programme politique puisque si nous choisissons ce nom, "Les Républicains", c'est parce que nous voulons placer la république au coeur de notre projet politique », explique Daniel Fasquelle. « La France vit une crise très grave, économique, sociale, morale, politique et nous pensons que pour mettre fin à cette crise, il faut revenir aux fondements de notre société, autrement dit, revenir à la république, à ses valeurs et sa devise. Nous pensons que la République doit être placée au dessus de tout et nous pensons aussi que nos adversaires ont perverti certaines belles idées de la République, qu'il faut replacer au coeur d'un projet pour 2017 ».

Pour Michèle*, militante UMP, ce changement de nom est assez logique : « J'aime le nouveau nom qui me parle bien mieux qu'un sigle. Les socialistes utilisent bien un nom évocateur aussi, alors pourquoi pas la droite », dit-elle.

Un changement « pas très cher »

Ce changement n'aura pas que des avantages pour le parti. Il aura bien évidemment un coût, même si le trésorier de l'UMP, Daniel Fasquelle, considère que ce n'est « pas très cher ». Pour être rebaptisé « Les Républicains », le parti devra débourser plus de 60 000 euros. C'est le coût minimum de l'achat d'un nouveau nom et des modifications que le changement entraine. 

Un nouveau logo

Fini l'arbre blanc de la liberté qui partage le bleu et le rouge. Le logo de l'UMP a été revu et corrigé pour donner naissance à une nouvelle identité visuelle. Le logo conçu pour « Les Républicains » est beaucoup plus sobre et épuré mais conserve le bleu, le blanc et le rouge. 

*Nom d'emprunt