On voit plus vite la brindille dans l'œil du voisin, que la poutrelle dans le sien. Dans le genre, les métallos de la FGTB font très fort, en organisant pour une soixantaine de délégués de la centrale, un voyage à Cuba, afin de fêter dignement le 1er mai. Rien de particulier, nous direz-vous, sauf que cette petite escapade coûte pas moins de 100.000 €, et tous les affiliés devront participer à cette ardoise. Généralement le monde syndical houspille le patronat, pour ces voyages "d'affaires" richement dotés, ces factures de représentation ou encore ces frais déductibles. Mais ici, ces délégués cravatés pourront sans doute voyager en première, visiter fidèlement la région cubaine, et revenir de cette fête du travail des souvenirs plein les yeux. Pas très sérieux, Messieurs les représentants des travailleurs, à l'heure ou le combat se situe dans votre pays, et qu'un euro jeté par les fenêtres, ne reviendra jamais par la porte.

Cela ne fait pas que des heureux

Dans le climat actuel, accentué par la crise économique et financière depuis 2008, ce voyage de quelques soixante délégués FGTB ne peut que poser questionnement au sein même de l'organisation syndicale, mais aussi dans la population des bassins de Charleroi et Liège, principalement, durement touchés par les nombreuses fermetures d'usines métallurgiques depuis la fin des années 1990. Tout comme dans la région lorraine, la faillite de certains grands groupes -ArcelorMittal à Liège et Gand, Duferco à La Louvière, Clabecq- pour ne citer qu'eux, a fait pas mal de dégâts humains, dans des bassins qui avaient déjà perdus les industries charbonnière et verrière notamment.

Ce déplacement, aux yeux des militants "payeurs" ne se justifie absolument pas. Et pour cause! L'hôtel Mélia, à Varadero, qui accueille depuis lundi nos chers "camarades", fait payer 230 € la nuit. Absolument démesuré pour une centrale durement touchée par le passé. Un voyage qui reviendrait à 100.000 €, qui sera supporté par l'ensemble des affiliés de la centrale. Chose impensable au moment ou les travailleurs connaissent des difficultés pour boucler les fins de mois, ou le gouvernement ponctionne tous azimuts, ou l'avenir est incertain pour les jeunes, les moins qualifiés et les pré-pensionnés. Dans ce contexte, grèves et manifestations se multiplient depuis l'avènement du gouvernent Michel 1er, et cela fait tache dans le paysage syndical du royaume. En fin de compte, pouvons-nous vous souhaiter un bon 1er mai, et une bonne fête du travail?
#Grève #Belgique #PS